Les concepteurs de Swissmetro ont la foi qui déplace les montagnes (et creuse des trous au-dessous). Persuadés que leur projet quasi moribond de transport sous vide à grande vitesse (Le Temps du 19 novembre) laisse encore échapper un souffle de vie, ils continuent d'y croire. Réunis vendredi à Berne, les actionnaires ont décidé de maintenir la société Swissmetro SA en activité. Ils veulent tenter de sauver ce qui peut l'être.

Ils ont donné le feu vert à la réduction du capital, qui passera de 6,589 millions à 330 000 francs. «Nous n'avons pas besoin de ce capital, car nous n'avons pas de créances à couvrir», justifie le président de Swissmetro SA, Sergio Salvioni, très remonté contre Moritz Leuenberger, qu'il accuse d'avoir «poignardé» le projet en exprimant publiquement ses doutes. Plusieurs changements interviennent au conseil d'administration. Eric Dérobert, représentant des banquiers privés genevois, Jean-Claude Raoul, d'Alstom, et Theo Weiss, des CFF, descendent du train. En remplacement, le président d'Alstom Suisse, Paul Schneebeli, fait son entrée. En raison du retrait de la Fédération romande des syndicats patronaux (FRSP), le secrétaire général Pierre Weiss s'en va lui aussi. Le secrétariat sera repris par PricewaterhouseCoopers et par un avocat zurichois, Mauro Loosli.

Pour l'avenir immédiat, Swissmetro SA a adopté un plan d'action subdivisé en trois variantes. La solution minimale repose sur un budget de 60 000 francs pour 2003 et de 50 000 pour 2004. Ce montant, notamment couvert par Credit Suisse et Cemsuisse, a pour objectif principal de financer la poursuite du projet expérimental HISTAR, mené à l'EPFL par la société GESTE Engineering. Il consiste à tester des déplacements à 500 km/h dans un boyau de 500 mètres de long. La deuxième variante table sur un budget de 120 000 francs pour chacune des deux années. Si cet argent est réuni, Swissmetro pourra relancer la promotion économique et politique de son projet. Troisième scénario: un budget annuel de 600 000 francs. Cela suppose que les fonds promis par la Commission fédérale Technologie et Innovation (CTI) sont versés et complétés par des investissements privés conséquents. «Si les autorités publiques donnaient un signal positif, nous n'aurions aucune peine à trouver des investisseurs privés», s'exclame Sergio Salvioni. En plus de couvrir les besoins de HISTAR, ce budget permettrait de lancer la seconde phase expérimentale, SETUP, qui consiste à faire des tests grandeur nature dans un tunnel de 200 mètres sous vide d'air partiel.