Jeudi, les partis bourgeois se sont empressés de critiquer l'action syndicale, la jugeant «inadmissible». Dans son communiqué intitulé «Ne pas bloquer les paquets de Noël», le PDC qualifie le blocage des centres postaux à la veille des fêtes de fin d'année d'«incompréhensible» et de «fort peu sympathique». Le parti appelle le Syndicat de la communication à porter le conflit devant l'office de conciliation prévu à cet effet par la Convention collective de travail (CTT) et de laisser la population à l'écart de ce désaccord. Réaction similaire du côté des radicaux. Pour le PRD, les actions de grève des syndicats démontrent plus que jamais la nécessité d'ouvrir La Poste à la concurrence, dans tous ses secteurs. Le parti critique par ailleurs le conseiller fédéral Moritz Leuenberger pour n'avoir pas su jouer son rôle de médiateur.

Le Parti libéral recourt à des mots plus durs: «Ayant échoué devant le peuple après le refus de l'initiative Services postaux pour tous, le syndicat refuse le verdict démocratique. Sortant de son rôle légitime de partenaire social, il s'arroge des compétences institutionnelles qui ne lui appartiennent pas. Ces actions de blocage sont scandaleuses: utilisées à des fins politiques partisanes, elles prennent les clients de La Poste en otage». Seule l'UDC ne s'est pas fendue d'un communiqué. Jeudi soir, tant son porte-parole que son secrétaire général demeuraient inatteignables.

Dumping salarial dénoncé

En opposition avec son conseiller fédéral, le PS juge lui légitime le combat des employés de La Poste pour la subordination de l'ensemble du personnel à la même CCT. Pour le président du parti, Hans-Jürg Fehr, La Poste doit demeurer un employeur social, «une exigence mise à mal par l'externalisation de certains secteurs du géant jaune». Dans son communiqué, le PS dit attendre des concurrents privés de La Poste qu'ils concluent des conventions collectives avec les syndicats. «C'est le seul moyen de garantir des conditions de travail et des salaires de qualité aux employés de la branche», soulignent les socialistes. Et de poursuivre: «La pression sur les salaires que connaissent les secteurs de La Poste soumis à la concurrence est la principale conséquence du dumping salarial et social auquel se livrent, par exemple, les entreprises de transport privées. Il est donc urgent que des conventions collectives soient conclues dans ce domaine». Enfin, le PS considère le conflit social qui secoue La Poste comme particulièrement symptomatique de la «dégradation générale des conditions de travail en Suisse», «dégradation choquante puisque, dans le même temps, les tentatives de privilégier les contribuables les plus aisés se multiplient».