Des militants d'Extinction Rebellion (XR) ont mené samedi après-midi une action symbolique autour de l'Horloge fleurie à Genève pour exiger un changement radical en faveur du climat. Ils dénoncent l'inaction des autorités.

Le plan climat cantonal présenté au début juin et qui vise la neutralité carbone en 2050 n'est pas suffisant, a indiqué à Keystone-ATS Vincent, un militant de XR. Il faut une rupture en se fixant des objectifs à la hauteur des enjeux: soit l'arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes et la neutralité carbone en 2025, selon XR.

Décisions judiciaires défavorables

Les militants, dont les identités ont été contrôlées par la police, ont déployé des banderoles sur le site de l'Horloge fleurie. Une alarme a été déclenchée, mais les forces de l'ordre ne sont pas intervenues. Ils ont aussi planté des croix, symbolisant la mort en cas de statu quo.

De l'autre côté de l'Horloge fleurie, un panier de légumes et de la musique symbolisaient la vie, qui est possible uniquement avec un scénario de rupture. Une militante a lu une déclaration à l'intention du Conseil d'Etat, l'enjoignant à agir immédiatement.

Cette action pacifique s'est déroulée dans le calme et sous un soleil de plomb. Elle intervient au lendemain d'une décision du Tribunal fédéral qui déboutait douze activistes ayant occupé les locaux lausannois de Credit Suisse. Selon les juges fédéraux, la crise climatique ne leur permet pas d'invoquer un état de nécessité licite.

Pétition envoyée à Karin Keller-Sutter

Jeudi, quatorze activistes d'XR qui avaient bloqué en mars 2020 une des artères de Neuchâtel ont été condamnés par le Tribunal de police. Et vendredi, le Tribunal de police de Genève a condamné un militant pour infraction à la loi sur les manifestations sur le domaine public (LMDPu). Ce dernier a renoncé à faire appel afin de ne pas «harceler la justice de façon quérulente».

Ces actions de la justice contre des militants ainsi que des enquêtes en cours suscitent une certaine incompréhension. Samedi, des grévistes du climat ont adressé une pétition munie de 3500 signatures à la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter afin d'exiger l'abandon des enquêtes. Des perquisitions menées fin mai avaient visé des militants de la Grève du climat Vaud.