Les militants pour le climat ne jettent pas l’éponge. Au contraire. Les mouvements Grève du climat, Extinction Rebellion, Collective Climate for Justice et le collectif Break Free se réuniront pour une semaine d’action à la fin du mois de septembre. Une alliance synonyme d’essoufflement de la mobilisation? Les activistes ont-ils peur de perdre du terrain? Pas forcément. Selon Marco Giugni, professeur à l’Université de Genève, ce genre d’alliances peut aussi naître si les mouvements jugent insuffisante la réponse des autorités à leur première phase de mobilisation. Une théorie que confirme Anais Tilquin, porte-parole d’Extinction Rebellion: «Nous voulons augmenter la pression sur les acteurs économiques et politiques, les mettre face aux réalités scientifiques.»

Ensemble, mais pas trop

«Une telle alliance leur donnera plus de visibilité et plus de poids», assure Jasmine Lorenzini, docteure en science politique à l’Université de Genève. Alors pourquoi ne pas se regrouper, à long terme, sous un seul et même drapeau? «En mélangeant tout, les organisations risquent de perdre une force importante: leur identité, note Marco Giugni. Or l’élément identitaire est essentiel pour mobiliser.» En effet, pour le chercheur spécialisé dans l’étude des mouvements sociaux, s’unir en gardant sa propre identité représente un juste milieu. «Il faut voir ce que ça va donner, mais ce genre d’alliances est assez incroyable. En temps normal, il y a plutôt des conflits entre les mouvements.»