Élections fédérales

Ada et Adèle, candidates à l’unisson

Les conseillères nationales rose et verte vaudoises Ada Marra et Adèle Thorens Goumaz lancent leur campagne commune pour le Conseil des Etats. Elles misent sur leur homogénéité

«Vous nous connaissez», déclare Ada Marra à la presse en guise de présentation. Cela aurait pu faire un bon slogan de campagne. C’est en tout cas ainsi que la conseillère nationale socialiste et sa collègue verte Adèle Thorens Goumaz lancent la leur pour le Conseil des Etats. Elles espèrent remplacer en octobre la démissionnaire Géraldine Savary et le PLR Olivier Français, qui se représente à la Chambre haute.

«Cela fait douze ans que nous siégeons au Conseil national et nous nous connaissions bien avant, soulignent-elles afin de montrer qu’elles font la paire. Notre alliance n’est pas un alibi, nous avons un programme commun». On en oublierait presque qu’elles représentent deux partis distincts, mais la gauche vaudoise a l’avantage que, électoralement, son apparentement fonctionne.

Nous nous retrouvons à la Ferme des tilleuls à Renens, un lieu symboliquement fort pour les deux candidates. Le site recoupe la préoccupation environnementale et créative: «or en politique, il faut savoir inventer des solutions», c’est aussi une maison d’inclusion, qui intègre des jeunes en rupture en leur apprenant les métiers de la restauration. «La Ferme est un projet de société de cohésion, non d’exclusion, nous voulons porter ces caractéristiques au Conseil des Etats.»

Une réponse à la grève des femmes

Ada et Adèle se présentent comme une réponse aux préoccupations des 500 000 personnes descendues dans la rue le 14 juin en Suisse pour exiger l’égalité. «Il est temps d’élire deux femmes au Conseil des Etats, deux femmes progressistes, capables de créer des ponts et de nouer des accords partisans», disent-elles.

«Le Conseil des Etats est une chambre où l’on peut aller beaucoup plus rapidement au cœur de l’essentiel pour faire bouger des choses, expose la socialiste. On l’a vu lors de cette législature, le Conseil national était bloqué avec une majorité PLR-UDC. C’est alors le Conseil des Etats qui a pu trouver quelques solutions de compromis.» Dans ce cas, pourquoi vouloir changer le statu quo, constitué d’un libéral-radical et d’une socialiste au Conseil des Etats? «Chaque candidature est légitime. Mais Olivier Français a par exemple voté contre la loi sur la transparence salariale imposée, ce qui n’aurait pas été le cas avec un sénateur de gauche. Et puis il y a des éléments populaires, des soutiens de rue qui demandent des changements beaucoup plus forts, plus radicaux que ce qui a été présenté jusqu’à maintenant.»

Rencontre des grévistes du climat à Lausanne cet été

Les grèves du climat continuent de marquer l’actualité. Le programme commun des deux candidates prévoit entre autres une politique climatique ambitieuse, une agriculture durable et une économie circulaire. «Ce n’est pas un hasard si Lausanne a été choisie par les grévistes du climat de toute l’Europe pour accueillir la rencontre internationale qui les réunira cet été», enchaîne l’élue écologiste. Les militants de «Fridays for Future» de 35 pays se sont en effet donnés rendez-vous du 5 au 9 août dans la capitale vaudoise. «Nous estimons que la majorité actuelle du parlement ne va pas dans le sens des souhaits exprimés dans la rue: nous avons le pouvoir de porter ces projets de manière plus forte».

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Ada Marra condamne ce qu’elle appelle «l’idéologie du tout à la dette». «En 13 ans, dit-elle, nous avons accumulé 33 milliards d’excédents. Il est temps d’avoir le courage d’investir, notamment dans l’énergie solaire, les transports publics et les logements à haute qualité environnementale.» Les affiches individuelles des candidates sont imprimées, Ada et Adèle feront une campagne de terrain tout l’été.

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