Le conseiller fédéral Adolf Ogi veut un engagement plus déterminé de la Suisse dans les régions en crise. Citant le Kosovo, il a estimé que l'armée doit pouvoir y envoyer des soldats armés et participer à une éventuelle force de maintien de la paix. C'est, selon lui, indispensable pour faire face aux menaces actuelles. Le chef du Département de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) s'est exprimé samedi à Martigny (VS) devant la Société des officiers du Valais romand. Il a plaidé pour une révision rapide de la loi sur l'armée.

Adolf Ogi a également exposé ses opinions samedi et dimanche dans différents journaux. Il a estimé que la Suisse avait certes perdu de son importance dans certains domaines sur la scène internationale. Mais il reste néanmoins persuadé que, dans certains cas, la Suisse neutre peut jouer un rôle utile d'intermédiaire: «Pour le Kosovo, nous pensons à une participation à la mise en œuvre d'un accord de paix.»

Selon Adolf Ogi, les soldats que la Suisse engage à l'étranger doivent pouvoir se défendre. Actuellement, l'armée a envoyé trois hélicoptères au Kosovo. Seuls les treize gardes-fortifications qui les accompagnent sont armés. Les 45 pilotes et mécaniciens ne le sont pas. «Cela ne va pas», a déclaré à ce propos le chef du DDPS dans la SonntagsZeitung: «Nous ne pouvons pas toujours nous faire protéger par les autres.» Pour ce qui est de l'éventuel engagement au sol de troupes de l'OTAN, Adolf Ogi se montre prudent: il n'est pas certain que cela contribuerait à raccourcir la guerre, a-t-il estimé.

Sur place, les Forces aériennes suisses ont continué samedi et dimanche à prêter assistance aux personnes chassées du Kosovo. Elles ont effectué un deuxième vol de transport de matériel de logistique de Suisse en Albanie à bord d'un avion de type Casa 235 mis à disposition par l'armée espagnole. Samedi, les trois Super-Puma de l'armée suisse ont effectué douze vols d'assistance en Albanie.