Adrian Amstutz est sorti de son silence mardi à l’occasion d’une conférence de presse de son parti sur l’asile. Il a expliqué pourquoi il n’était pas et ne serait pas candidat au Conseil fédéral. Le conseiller national UDC invoque le rôle qu’il joue dans la procédure de désignation d’un candidat pour décrocher un second siège au gouvernement. Il est membre de la commission chargée de dénicher la perle rare et, surtout, il est président du groupe parlementaire. «C’est une tâche importante qu’il faut exercer avec sérieux. Je ne peux pas en même temps être dans la course», explique-t-il.

Mais il y a surtout un problème de fond: le chef du groupe parlementaire ne se sent pas en mesure de respecter les règles de la collégialité. «Je ne pourrais pas me taire si je faisais partie d’un gouvernement dont la majorité met en péril l’avenir du pays, ne freine pas la migration, veut adosser la Suisse à l’Union européenne et la livrer aux juges étrangers, met sa sécurité en danger et refuse à l’armée les moyens financiers dont elle a besoin», énumère-t-il d’un ton extrêmement sec et presque agressif.

Il explique ainsi la phrase sibylline qu’il avait faite dans la NZZ en février. Interrogé sur son désir de devenir conseiller fédéral, il avait répondu: «Je ne le veux pas parce que je ne le peux pas.» On sait désormais pourquoi cet adepte d’une ligne très dure en matière d’asile, d’immigration et d’intégration européenne ne peut pas être conseiller fédéral. Il se dit étonné que son président Toni Brunner ait lâché son nom dans la presse dominicale et que, selon ses dires, les médias ne l’aient pas contacté pour vérifier ce qu’il appelle une «variante dans la tête du président».

Cela dit, il assure que la commission aura «quelques personnalités excellentes à présenter». Un nom qui revient souvent est celui d’un autre tenant de la ligne dure en matière d’asile, le conseiller national grison Heinz Brand. Mais il est lui aussi membre de la commission chargée de dénicher le candidat miracle.