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élections fédérales

Avec Adrian Amstutz, l’UDC lance la bataille du second siège au Conseil fédéral

Le parti blochérien veut récupérer le siège gouvernemental perdu en 2007. Trop profilé, son candidat Adrian Amstutz pourrait ouvrir la voie à des personnalités plus éligibles

L’UDC manœuvre pour un second siège

Elections fédérales Le parti lance Adrian Amstutz comme candidat au Conseil fédéral

Ce dur Bernois a peu de chances. Alors pourquoi le présenter?

A deux mois des élections fédérales du 18 octobre, l’UDC entre dans le vif du sujet. Le premier parti de Suisse réitère bruyamment sa volonté de reconquérir son deuxième siège au Conseil fédéral, perdu en 2007.

Dimanche, le président de l’UDC, Toni Brunner, a annoncé que sa formation présenterait le conseiller national bernois Adrian Amstutz comme candidat au ­gouvernement. Avec l’ambition d’évincer Eveline Widmer-Schlumpf, mais aussi de remplacer la socialiste Simonetta Sommaruga au poste de ministre chargée de l’asile et des migrations. La situation dans ce domaine est si tendue que l’UDC ne peut plus y «assister impuissante», a déclaré Toni Brunner au journal dominical SonntagsZeitung . «Avec Adrian Amstutz, nous disposons dans nos rangs d’une personnalité qui pourrait faire de l’ordre.»

Le choix d’Adrian Amstutz et le moment choisi pour annoncer sa candidature étonnent à plus d’un titre. En juin, Toni Brunner avait annoncé la formation d’un comité chargé d’examiner plusieurs candidatures internes au poste de second conseiller fédéral UDC. Il était alors question d’un modéré, acceptable par les autres partis gouvernementaux et donc éligible au gouvernement. Ce n’est pas du tout le profil d’Adrian Amstutz, un dur connu pour ses positions blochériennes. En 2011, lorsque son nom avait été évoqué pour le Conseil fédéral, il avait refusé d’être candidat. Il n’avait pas été réélu au Conseil des Etats et avait dû se contenter d’un siège au Conseil national, où il dirige le groupe UDC.

La manœuvre paraît donc clairement électoraliste. Menacée de stagner dans les urnes, après avoir légèrement reculé en 2011, l’UDC chercherait à remobiliser son électorat en mettant en avant son thème favori. «L’intention, avec Amstutz, c’est de faire parler d’asile le plus longtemps possible», commente le conseiller national Jean-François Steiert (PS/FR).

Pour récupérer son second siège, perdu lors de l’éviction de Christoph Blocher en 2007, l’UDC sait qu’elle devra trouver un candidat plus consensuel. Trop abrasif, Adrian Amstutz a en outre l’inconvénient rédhibitoire d’être Bernois, alors que deux représentants de ce canton (Simonetta Sommaruga et le PLR Johann Schneider-Ammann) siègent déjà au gouvernement.

Sa candidature fait plutôt figure de ballon d’essai, destiné à lancer le débat avant de présenter des candidats plus consensuels.

Il y a quatre ans, l’assaut contre Eveline Widmer-Schlumpf avait échoué, faute de candidats UDC jugés dignes de la remplacer. Mais cette fois, le parti a de meilleures chances de succès. «En termes de part de marché électoral, ils sont légitimés, et plus le temps passe, plus la pression augmente sur les autres partis pour leur rendre leur second siège, juge un insider bernois proche du Conseil fédéral. Ils lancent Amstutz pour qu’on dise «surtout pas lui», et voir ce qu’ils ont d’autre.»

La question agite aussi le PDC. Son chef du groupe parlementaire, Filippo Lombardi, dans une sortie inattendue publiée par le Corriere del Ticino, s’est prononcé pour un second siège UDC au Conseil fédéral. L’éviction de Christoph Blocher était une erreur, écrit-il. Il l’impute au président de son propre parti, Christophe Darbellay. Selon un autre démocrate-chrétien tessinois, Fabio Regazzi, cité par le journal dominical Schweiz am Sonntag , un tiers des élus PDC du parlement pourraient voter pour un second UDC lors de l’élection du Conseil fédéral, début décembre.

Christophe Darbellay, qui n’a pas retourné nos appels dimanche, ne sera alors plus là pour soutenir Eveline Widmer-Schlumpf. Il quitte le parlement en octobre pour viser un siège au Conseil d’Etat valaisan. Son absence pourrait favoriser les ambitions de l’UDC.

Mais d’autres facteurs décideront de l’issue de cette bataille. Le PS, deuxième parti au parlement, ne veut pas d’un Conseil fédéral dominé par une majorité bourgeoise formée de deux PLR et de deux UDC. Et la volonté d’Eveline Widmer-Schlumpf de se représenter – ou non – sera décisive. Son envie de rester au Conseil fédéral semble intacte, mais sa décision dépendra aussi du score de son mini-parti, le PBD, et de celui du PDC, son soutien historique. Deux formations que les sondages désignent comme des perdants potentiels de l’élection du 18 octobre.

«L’intention, avec Amstutz, c’est de faire parler d’asile le plus longtemps possible»

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