Je m’appelle Adrien, j’ai 16 ans. J’étudie la micromécanique à Genève, au Centre d’enseignement professionnel technique et artisanal. J’aime transformer les choses et fabriquer des objets.

Mais j’ai une autre passion: la musique. Ou plutôt le rock metal que j’ai découvert il y a quelques années grâce à un pote de ma classe Elio Demaurex. Il m’a fait écouter des groupes comme Slipknot, Slayer et plusieurs autres. J’ai tout de suite aimé la nervosité et le punch de ce style qui me donne la pêche lorsque je démarre ma journée.

Pourtant du metal, chez moi, on n’en écoutait pas vraiment. Ma mère écoutait surtout du hard. Mon père était plutôt fan de musique baroque et d’électronique. Il écoutait aussi un peu de rap, mais des groupes anciens comme Public Enemy, De La Soul ou encore Cypress Hill. Je me souviens que dans la voiture, mes parents passaient des CD de grunge et des trucs «fusion», des morceaux de Nirvana, de Rage Against The Machine ou encore de Pearl Jam et de Soundgarden que je réécoute maintenant. Je pense que tout cela m’a quand même beaucoup influencé. Cette musique a peut-être 20 ans, mais elle correspond beaucoup plus à mon état d’esprit que ce qui se fait aujourd’hui.

Le metal, je l’écoute. J’en fais aussi. Enfin, j’essaie. Je prends des cours de basse. C’est un instrument discret, qui reste dans le fond de la scène. Mais quand il n’est pas là, on remarque tout de suite son absence. Un peu comme moi en fait. Je viens de démarrer un groupe avec des amis. On se réunit tous les samedis à la Barakason, un endroit de répèt où les salles ne sont pas trop chères à louer. On joue des morceaux de notre propre création. On a en composé un, un peu glauque, qui parle de l’avenir. Comment je me vois dans 15 ans? Aucune idée. Mais avec les événements récents et la violence partout, pour moi, l’avenir c’est pas forcément brillant.