Cointrin navigue à vue. Depuis deux mois, la France refuse de transmettre à la police genevoise les informations qui lui sont demandées dans le cadre du contrôle des antécédents des employés occupant des postes sensibles à l’aéroport. Près de 200 personnes récemment recrutées sur le site seraient ainsi toujours en attente de leur autorisation de travailler, révèle la «Tribune de Genève» vendredi.

C’est le 10 juin dernier, lors d’une réunion du comité du Centre de coopération policière et douanière, que les services du préfet de l’Ain, Laurent Touvet, auraient annoncé qu’ils stoppaient la transmission des données personnelles de résidents français contenues dans le fichier Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ), écrit le quotidien genevois. La préfecture invoquant des «raisons juridiques» pour motiver sa décision.

Or l’accès aux informations contenues dans le TAJ fait partie de la procédure de contrôle préalable des employés appelés à occuper des postes sensibles à l’aéroport. Fichier commun de la police et de la gendarmerie françaises, il recense les informations sur les auteurs supposés de crimes ou de délits. Faute d’accès à ce fichier via la police genevoise, Genève Aéroport est empêché de délivrer les cartes d’identité aéroportuaires, le fameux badge d’accès aux zones sensibles.

Contacts entre ministres

Pourquoi ce blocage? La question reste à éclaircir. Selon le quotidien, des «signes de crispation» seraient apparus dès le mois d’avril, Laurent Touvet ayant alors déjà restreint le champ des informations issues du TAJ et pouvant être transmises à Genève. Le retrait, en décembre dernier, du badge de 35 bagagistes par le Département genevois de la sécurité pourrait être à l’origine du problème. Les autorités françaises n’auraient alors pas apprécié l’usage fait par les Suisses des informations transmises. Une «demande de renseignements massive» récemment adressée aux Français, n’aurait pas été appréciée non plus.

Portant sur la qualité de l’application de l’accord de Paris conclu en 2007 entre la Suisse et la France, l’affaire est déjà remontée jusqu’en plus haut lieu. Des échanges ont ainsi eu lieu à ce sujet entre la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP), Simonetta Sommaruga, et le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, indique le DFJP.


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