Les relations de la Suisse avec les autorités espagnoles baignent dans un climat de confiance dans le cadre de leurs enquêtes contre le terrorisme. Du moins si l'on en croit le Ministère public de la Confédération. Désormais, la Suisse a déposé une demande d'entraide à l'Espagne «pour une coordination de leurs travaux respectifs» sur le cas Achraf.

De retour jeudi d'une visite de deux jours à Madrid, le procureur Valentin Roschacher, par le biais de son porte-parole Hansjürg Mark Wiedmer, s'est montré plutôt avare d'informations. Il a surtout tenu à insister sur les échanges entre les instances responsables des deux pays, source de suspicion durant ces derniers jours. A Kloten, près de l'endroit où est emprisonné depuis août l'Algérien Mohamed Achraf, il a souligné à maintes reprises la qualité des échanges de Valentin Roschacher avec son homologue espagnol Baltasar Garzon. «L'entraide judiciaire s'effectue d'une très bonne manière», dit-il. Mieux, le climat de travail est qualifié de constructif.

Pas de date pour l'extradition

Pour l'heure, aucune précision supplémentaire ne filtre sur l'évolution de l'enquête menée autour du cerveau des «Martyrs pour le Maroc». De même, aucune date n'est avancée pour une extradition du terroriste présumé vers l'Espagne. Les autorités veulent, pour ce faire, choisir «le moment opportun» mais le détenu reste à la disposition des enquêteurs des deux pays. Au Ministère public, où l'on estime avoir dit «tout ce qu'il y avait à dire», on tient à confirmer que les relations de travail avec les autorités judiciaires hispaniques sont bonnes. «Depuis que nous sommes entrés en contact avec le juge Garzon, il n'existe aucune dissonance, aucune tension et l'on peut parler de contacts directs étroits.»

Mercredi, Christoph Blocher a regretté le temps pris par les Espagnols pour fournir à Berne des informations sur l'islamiste Mohamed Achraf. Si Hansjürg Mark Wiedmer est resté muet sur ce sujet, Pascal Couchepin, lui, en visite à Madrid, n'a pas échappé aux questions des journalistes ibériques présents. Le ministre de l'Intérieur s'est contenté de rapporter les propos de Christoph Blocher, refusant de faire des commentaires sur cette affaire. «La pire des choses serait que chacun amène son grain de sel», a-t-il déclaré. Le conseiller fédéral a toutefois rappelé le souhait du roi Juan Carlos manifesté lors de sa visite à Madrid l'an dernier: davantage de coopération entre les deux pays dans la lutte contre le terrorisme.