Le parlement tessinois a décidé lundi soir de la création d’une commission d’enquête parlementaire (CEP) dans l’affaire Argo 1. Cette société de sécurité active dans le domaine de l’asile est soupçonnée d’avoir obtenu durant trois ans des mandats directs du canton, sans appel d’offres.

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Après environ cinq heures de discussions sur le sujet, les députés tessinois ont voté par 66 voix contre 2 et 11 abstentions en faveur de la création d’une CEP. Ce oui massif rassemble des voix de tout l’échiquier politique.

La loi n’a pas été respectée dans l’attribution directe, sans appel d’offres, de mandats dans le domaine de l’asile au Tessin, d’après les résultats d’une enquête d’une commission parlementaire présentés en mai. Avant la création potentielle d’une CEP, cette commission a examiné l’affaire rendue publique au début de l’année.

Le gouvernement sur la touche

Selon des critiques émanant de gauche comme de droite, les services du directeur des Affaires sociales tessinois, Paolo Beltraminelli, auraient attribué directement des mandats à la société Argo 1. Des millions seraient en jeu dans cette affaire. Le ministre PDC a depuis affirmé que cette manière de faire se justifiait par la situation d’urgence régnant à l’époque dans le secteur de l’asile.

Même le gouvernement n’a pu que suivre les développements de l’affaire dans les médias tessinois, au lieu d’être mis au courant par le biais du département de Paolo Beltraminelli, a indiqué lundi le président du Conseil d’Etat, Manuele Bertoli. Argo 1 fait depuis février l’objet d’investigations contre le terrorisme. L’un de ses employés est soupçonné d’être un recruteur de l’Etat islamique.