C'est avec une mine souriante que le juge d'instruction russe Rouslan Tamaïev est arrivé mardi après-midi au Palais de justice de Genève. Il est reparti, l'air renfrogné, après une heure trente d'entretien avec le procureur général. Le cas de Pavel Borodine a été au centre des discussions. «Cette entrevue n'a rien changé à la détermination du Parquet dans cette affaire», a précisé Bernard Bertossa à l'issue de cette rencontre impromptue.

Après avoir invité sans succès les autorités genevoises à venir discuter à Moscou, le juge russe a décidé de faire le déplacement sans être convié. Pourquoi cette précipitation? «C'est une simple visite de travail, j'amène certains documents. Certes, j'aurais pu les envoyer mais le meilleur moyen de se comprendre est encore de se rencontrer», a précisé Rouslan Tamaïev à son arrivée. L'enquêteur russe a ajouté: «Je ne vais rien demander». En repartant au pas de charge, l'intéressé a précisé que le cas Borodine avait «bien sûr» été évoqué et que «tout va aller bien».

De son côté, Bernard Bertossa confirme que des documents lui ont bien été remis. Ceux-ci étant en russe, il est encore trop tôt pour se déterminer sur leur intérêt. Quant au cas de Pavel Borodine, arrêté à New York à la demande de la justice genevoise, le procureur général précise qu'il a bien été évoqué sans avoir rien de particulier à en dire. Il relève toutefois que l'offre déjà rejetée, la levée du mandat d'amener contre la promesse que l'ancien intendant du Kremlin se présentera au juge genevois, n'a pas été réitérée. «Ce cas n'est plus dans la maîtrise des autorités russes», souligne le procureur général. Une réalité qui explique sans doute la mauvaise humeur du messager du jour. Aucune future rencontre n'est prévue.