Le rapport de la commission de gestion du Grand Conseil sur le coupage des vins publié mardi révèle de nouveaux éléments dans l’affaire Giroud. Les médias avaient révélé des cas de coupage illicites de vins chez Dominique Giroud entre 2005 et 2009, ce qui avait conduit à l’enquête de la commission de gestion. Cette dernière établit qu’il existe des faits encore plus anciens. «En 2001, dénonciation de Dominique Giroud par le chimiste cantonal au juge d’instruction pénale suite à des irrégularités commises pour la quatrième fois en quatre ans», résume le rapport. Mais il y a plus: «La commission de justice est invitée à vérifier les raisons pour lesquelles un dossier tel que celui dénoncé en 2001 se trouve prescrit après deux ans lorsqu’il est transmis à la justice. Elle vérifiera également les raisons pour lesquelles au moins un autre dossier est resté sans suite», recommande la commission de gestion.

Après les infractions constatées chez Giroud Vins entre 1997 et 2001, le Contrôle suisse du commerce des vins (CSCV) a constaté, en 2006, plusieurs irrégularités dans la numérotation des cuves, la comptabilité viticole, des étiquettes portant le nom d’une ancienne raison sociale et un assemblage excessif dans un cru de 2005. En 2008, le CSCV constate des problèmes dans la comptabilité, des assemblages excessifs et la présence mineure de vin étranger dans un lot AOC de 2006. Un deuxième contrôle en 2008 constate encore des infractions. Le chimiste cantonal intervient avec «facturation de frais et émoluments de dossier. Se basant sur les indications du chimiste cantonal, la commission de gestion note que les coupages dénoncés entre 2006 et 2009 portent sur moins de 5% des volumes encavés durant la période», précise le rapport.

Saisie pour examiner la manière dont le chimiste cantonal valaisan a traité et puni les infractions commises, la commission de gestion estime que «dans le cas de Giroud Vins SA, au vu des récidives révélées par les contrôles effectués, le chimiste cantonal n’a pas été assez sévère sans que l’on puisse l’accuser de complaisance. Il aurait pu systématiquement continuer à dénoncer à la justice pénale les irrégularités constatées», écrit-elle. Elle recommande qu’à l’avenir, les cas de récidives soient toujours dénoncés à l’autorité pénale et que la collaboration entre les différents organes de contrôle soit renforcée.