Le rapport de la Commission de gestion (Cogest) concernant l’affaire Giroud est presque terminé. Mais la commission parlementaire valaisanne doit suspendre ses travaux en raison d’un recours au Tribunal fédéral assorti d’un effet suspensif, selon un communiqué laconique du parlement paru mardi en fin de matinée. Selon les informations du Temps, il s’agit d’un recours déposé par Dominique Giroud.

En août 2014, l’encaveur, sous le coup de plusieurs procédures pour fraude fiscale, faux étiquetage de bouteilles de Saint-Saphorin et piratage informatique, avait communiqué avoir déposé un recours pour déni de justice auprès du Tribunal cantonal. Il affirmait alors que la Cogest avait eu accès à l’ensemble de son dossier fiscal. «Le secret fiscal est un droit fondamental de tout citoyen. L’Etat ne peut le lever qu’avec l’accord du contribuable ou, si celui-ci s’y oppose, sur la base d’une décision formelle qui respecte son droit d’être entendu et qui indique pourquoi la mesure est nécessaire et dans quelle ampleur», écrivait son porte-parole, Marc Comina, à l’époque.

Deuxième intervention

La Cogest a été chargée par le parlement valaisan d’enquêter sur la manière dont le dossier fiscal de Dominique Giroud a été traité par l’administration cantonale. Le ministre des Finances, Maurice Tornay, ayant été durant dix ans le réviseur des comptes de toutes les sociétés valaisannes de Dominique Giroud, le parlement a décidé de vérifier que le service des contributions et le conseiller d’Etat avaient fait leur travail normalement.

Après avoir tenté d’empêcher la parution d’informations dans les médias par des voies juridiques, l’encaveur valaisan retarde aujour­d’hui pour la seconde fois le travail des instances du Grand Conseil. C’est tout un canton, et notamment son ministre des Finances et son parti, le PDC, qui reste ainsi suspendu dans l’attente d’une décision du Tribunal fédéral. «Compte tenu de l’intérêt à informer la population, la Cogest attend une décision rapide du Tribunal fédéral», écrit-elle dans son communiqué. «En raison de la procédure en cours, aucune information complémentaire ne sera donnée dans ce dossier», poursuit-elle sans même mentionner le nom de l’auteur du recours.