Le vice-premier ministre chinois Li Keqiang, considéré comme le probable futur chef du gouvernement, sera en visite officielle mardi prochain à Berne. Ce déplacement intervient alors que la Chine fait pression sur la Suisse pour qu’elle n’accueille pas deux Ouïgours détenus à Guantanamo. Son ambassade a menacé la Suisse d’une détérioration des relations bilatérales si les deux frères sont hébergés dans le canton du Jura.

M. Li doit doit rencontrer la présidente de la Confédération Doris Leuthard et la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey. Les discussions porteront sur les relations bilatérales, notamment l’étude de faisabilité pour un accord de libre-échange, a indiqué jeudi à l’ATS Evelyn Kobelt, porte-parole du Département fédéral de l’économie (DFE).

La Suisse et la Chine fêtent cette année les 60 ans des relations bilatérales. «C’est une des raisons de la visite», a ajouté Mme Kobelt.

Silence sur les ex-détenus

En revanche, la question des deux frères ouïghours «n’est pas pour le moment à l’agenda, mais on ne sait jamais», a-t-elle encore dit. Le vice-Premier ministre chinois se rendra ensuite à Davos où il doit participer au Forum économique mondial (WEF).

Amnesty International (AI) appelle le Conseil fédéral à ne pas plier devant les pressions chinoises concernant le sort des Ouïgours que Pékin accuse d’être des terroristes.

L’organisation a tenu jeudi une conférence presse à laquelle participait l’avocate des deux ex-détenus de Guantanamo, Elizabeth Gilson. Détenus depuis sept ans et demi, dont près de deux ans en isolement, les deux frères sont «les plus malchanceux des malchanceux» parmi les prisonniers de Guantanamo, a indiqué cette dernière.

Alors que le président américain Barack Obama décrétait il y a un an la fermeture de Guantanamo en un an maximum, la Suisse s’était dit prête à étudier l’accueil d’ex-détenus du site. En décembre dernier, le Conseil fédéral a annoncé la venue à Genève d’un Ouzbek à titre humanitaire et que le sort des deux autres dépendait de la volonté des cantons.

La commission de politique de sécurité du Conseil national a toutefois recommandé mardi au Conseil fédéral de ne plus autoriser la venue d’autres ex-détenus de Guantanamo.