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A Paris, le juge des libertés et de la détention doit décider ce mercredi du maintien ou non en prison de Tariq Ramadan.
© Salvatore Di Nolfi/KEYSTONE

Genève

Affaire Ramadan: changements d’avocats suisses en vue

La plaignante «Brigitte» pourrait être assistée de Me Charles Poncet. Côté défense, le remplacement de Mes Bonnant et Hayat est évoqué

Charles Poncet, star du barreau genevois, pourrait se mettre au service de «Brigitte», la plaignante suisse qui accuse Tariq Ramadan de l’avoir violée en 2008 dans un hôtel de la Cité de Calvin. D’après nos informations, l’avocat aurait été approché, ainsi que son confrère et associé Christian Lüscher, par un député écologiste du Grand Conseil genevois.

Ce dernier souhaiterait renforcer par des pénalistes renommés une partie civile pour l’heure représentée par le jeune avocat Romain Jordan, lequel dit ne pas être au courant de cette démarche. Me Poncet serait prêt à assister bénévolement la Suissesse, qui ne disposerait pas de ressources suffisantes pour financer un combat judiciaire qui s’annonce long. Déposée vendredi 13 avril, la plainte est actuellement examinée par le Ministère public genevois.

Les faits reprochés à Tariq Ramadan ont suscité une forte émotion dans le canton de Genève. En mars, un groupe de personnalités genevoises avait exigé puis obtenu de la cheffe du Département de l’instruction publique, Anne Emery-Torracinta, l’ouverture d’une enquête administrative à la suite d’informations publiques attribuant à l’islamologue des relations interdites avec des élèves, notamment mineures, alors qu’il était professeur au Collège de Saussure.

Nouvelle stratégie de défense?

La partie civile n’est pas la seule concernée par de possibles changements d’avocats. Le remplacement de Marc Bonnant et Yaël Hayat, les conseils genevois de Tariq Ramadan, ne serait pas à exclure et pourrait intervenir prochainement, a appris Le Temps d’une source proche de l’affaire. Des confrères des deux avocats auraient, là aussi, été approchés, parmi lesquels d’anciens bâtonniers. Joint par Le Temps, l’un de ces derniers n’a souhaité ni confirmer ni démentir cette information.

Dans ce cas, ce n’est à l’évidence pas l’hypothétique manque d’expérience des titulaires qui pourra être invoquée. Cette double substitution, si elle a lieu, procéderait plutôt de divers calculs et plus largement d’une volonté de renouvellement des forces, alors que Tariq Ramadan fait désormais face à une plainte pour viol en Suisse, qui s’ajoute à trois autres en France.

L’«islamophobie» de Me Bonnant, qui avait tenu en 2011 et 2017 des propos sans ambiguïté sur le sujet, pourrait expliquer une telle évolution. De même que la présence, dans l’étude que dirige Me Bonnant, de Karim Ramadan, avocat lui-même, neveu de Tariq, une situation pouvant créer des quiproquos. Le choix initial fait par Tariq Ramadan, en novembre, de prendre pour avocats d’une part une femme, de l’autre un homme dénigrant l’islam, avait pu paraître habile. La donne semble avoir changé.

Maintien en prison en discussion

Contactée, Me Hayat dit tout ignorer de son éventuel remplacement: «Tariq Ramadan ne m’a rien dit de tel», affirme-t-elle. Me Bonnant n’est pas plus au courant d’un scénario de ce genre: «C’est une nouvelle qui n’est pas venue jusqu’à moi», dit-il, sans paraître toutefois surpris. «Il se peut que je sois réputé trop islamophobe», suppose-t-il.

Rappelons qu’en France, courant mars, Me Yassine Bouzrou, alors l’avocat du Genevois détenu préventivement à la prison de Fleury-Mérogis, avait été remplacé par Me Emmanuel Marsigny, à la suite des manœuvres de ses soutiens, chez lesquels l’homme d’affaires franco-tunisien Lotfi Bel Hadj semblait tenir le rôle central. En Suisse, l’éventuel chambardement, tant du côté de la défense que de la partie civile, s’inscrit dans un moment capital qui devrait voir le suspect changer d’axe de défense. Il continuerait de nier les viols, mais reconnaîtrait une ou plusieurs liaisons extraconjugales, ce qu’il a toujours nié jusqu’à présent.

A Paris, le juge des libertés et de la détention doit décider ce mercredi du maintien ou non en prison de Tariq Ramadan. Le détenu est atteint de sclérose en plaques, mais sa maladie n’a pour l’heure pas été jugée incompatible avec un régime carcéral. D’après le site Muslim Post, il devrait rester détenu, peut-être longtemps encore, la justice disant craindre de sa part «pressions, menaces et risques de fuite».

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