Une conférence de presse de la SSR en ligne depuis Berne a présenté ce matin les premières conclusions des enquêtes menées au sein du service public romand suite à l’enquête du Temps parue le 31 octobre dernier.

En plateau, Jean-Michel Cina, le président du Conseil d’administration de la SSR, Gilles Marchand, directeur général du groupe, Pascal Crittin, directeur de la RTS et Ursula Gut-Winterberger, membre du conseil d’administration, ont pris tour à tour la parole. Première à s’exprimer, cette dernière a révélé que le rapport du jour était intermédiaire et qu’un second rapport, définitif, interviendrait en juin.

L'avocat de Darius Rochebin salue le «sérieux de l’enquête»

Pascal Crittin a ensuite révélé les choses suivantes: «Un des collaborateurs cité a quitté l’entreprise, un autre a reçu une sanction formelle. Quant à notre ancien présentateur, Darius Rochebin, aucun témoignage ne permet de conclure à du harcèlement». La RTS a estimé que les experts n’avaient pas constaté d’actes qualifiés de harcèlement sexuel ou psychologique au sens de l’article 328 du Code des obligations suisse à son égard. Par l’intermédiaire de son avocat, le présentateur a salué le «sérieux de l’enquête menée en Suisse», dont les conclusions, dit-il, «confirment ce qu’il a déclaré dès le premier jour».

Pascal Crittin a également annoncé que le chef de l’actualité TV romande, Bernard Rappaz, quittait l’entreprise. Le départ de ce dernier avait été annoncé avant même le début de la conférence de presse. Le Valaisan s’était mis en retrait après l’annonce de l’ouverture des enquêtes, notamment car il était le supérieur hiérarchique des trois cas abordés dans l’enquête du Temps. Dans une lettre d’adieu à ses collègues, il a reconnu des «insuffisances managériales». Tout en affirmant n’avoir «jamais toléré de comportements inadéquats».

Enfin, Pascal Crittin a également indiqué que le directeur des ressources humaines «laisserait également la place à une nouvelle équipe». Ce dernier devrait quitter son poste, mais pas l’entreprise.

Excuses «au nom du Conseil d’administration»

En conclusion, le Président du Conseil d’administration, Jean-Michel Cina a exprimé ses «regrets» à l’égard des personnes touchées par le harcèlement sexuel au sein de son entreprise, qu’il a prié «au nom du Conseil d’administration», «d’accepter ses excuses».

A noter que les communications du jour devront être complétées en juin. Ainsi que l’indique le rapport rendu aujourd’hui, plus de 230 témoignages sont parvenus à l’étude d’avocat chargée de les récolter. Quarante-trois d’entre-eux concernaient les trois cas susmentionnés, mais 180 autres appels visaient d’autres problématiques. Or, ceux-ci n’ont pas encore été analysés.

«À ce jour et dans le but de maintenir une date de publication du rapport à mi-mars 2021, dit le rapport, les plus de 180 procès-verbaux en question n’ont pas pu être pris en compte par les enquêteurs. En conséquence, une appréciation complète de l’exercice des responsabilités de l’encadrement ne pourra être conduite qu’une fois rendu le rapport final du Collectif de défense, attendu courant juin 2021.»