Financement

Affaire Savary: le Parti socialiste vaudois veut renforcer les contrôles

Meurtri par les polémiques qui ont provoqué le retrait de sa conseillère aux Etats, le PS va se doter de nouvelles règles pour les prochaines campagnes électorales

L’affaire Savary laissera des traces au sein du Parti socialiste vaudois. Au lendemain de l’annonce du retrait surprise de sa conseillère aux Etats, le PSV a fait savoir ce mercredi, dans un communiqué de presse, qu’il allait clarifier les règles de financement de ses campagnes lors des prochaines échéances électorales, ainsi que renforcer les contrôles en la matière. L’objectif: éviter de nouvelles polémiques embarrassantes pour une formation politique qui se veut exemplaire en matière de transparence.

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Le parti prend des mesures

«Pour l’heure, plusieurs pistes sont envisagées, explique la présidente des socialistes vaudois, Jessica Jaccoud. L’une d’entre elles consiste à geler la création de tout comité de campagne ad hoc indépendant du parti ou, dans tous les cas, renforcer le contrôle sur son financement.» C’est ce point précis qui a précipité la chute de Géraldine Savary, sous le feu des critiques suite à la succession de révélations concernant des dons effectués pour ses campagnes par le milliardaire suédois Frederik Paulsen.

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Dès les élections fédérales de 2007, Géraldine Savary avait en effet obtenu une exception à la sacro-sainte règle du parti qui interdit toute campagne personnelle. Un comité ad hoc a ainsi été créé pour mener et financer les campagnes des deux candidats de la gauche vaudoise, soit la socialiste et le Vert Luc Recordon. En 2011, l’annonce d’un important versement d’un donateur anonyme (qui ne se révélera que plus tard être Frederik Paulsen) inquiète la direction du PSV, qui impose de manière informelle deux règles: aucun don d’entreprise, ni dépassant les 5000 francs par candidat.

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Un parti meurtri

Une règle interne que Géraldine Savary n’a finalement pas respectée en 2011, en acceptant un versement de 7000 francs de la part du richissime Suédois pour le second tour. Cette dernière révélation a pesé lourd dans la fin de carrière brutale de celle qui fut à plusieurs reprises la locomotive électorale des socialistes vaudois sur le plan fédéral. Le malaise était perceptible depuis plusieurs semaines. Et la proximité de leur élue avec un multimilliardaire au bénéfice d’un forfait fiscal n’était plus soutenable, ni légitime pour beaucoup de membres d’un parti meurtri et ébranlé dans ses valeurs.

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Au lendemain du choc de l’annonce du retrait de Géraldine Savary, les socialistes vaudois aspirent à retrouver une certaine sérénité. Mardi soir, celle qui est encore pour un mois vice-présidente du parti suisse a été invitée à s’exprimer devant le comité directeur du PSV. «Il y a eu beaucoup d’émotion et de respect», relève la présidente du parti, qui insiste sur «la décision courageuse, responsable et digne» de son élue.

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