Genève

Affaire Semhar: la juge assesseure prise de somnolences démissionne

Les avocats de l’accusé avaient demandé la récusation de la juge assesseure à la suite de son assoupissement au cours du procès en appel. Celui-ci reprendra le 26 mars, de zéro

La juge assesseure qui a été surprise, mardi, en train de somnoler durant le procès d’un assassin présumé d’enfant à la Chambre pénale d’appel et de révision de Genève, a démissionné.

Notre article consacré à cet événement: A Genève, une juge s’endort et l’affaire Semhar est ajournée

L’information, révélée par la Tribune de Genève, a été confirmée vendredi à Keystone-ATS par le porte-parole du pouvoir judiciaire genevois Vincent Derouand. La juge s’était endormie lors des plaidoiries des avocats de l’accusé. Ces derniers avaient alors demandé la récusation de la magistrate.

La présidente du tribunal ayant été sensible à l’incident soulevé par la défense, l’audience avait été ajournée et les parties au procès avaient dix jours pour présenter leurs arguments. La démission de la juge assesseure rend la démarche inutile. Un successeur à la magistrate doit maintenant être désigné.

Le procès en appel devra recommencer

Le ou la remplaçante devra dans un premier temps prendre connaissance du dossier. Le procès en appel recommencera ensuite depuis le début. L’accusé, un chauffeur de taxi d’origine éthiopienne de 43 ans, sera de nouveau interrogé, et la maman de la petite victime pourra exprimer une nouvelle fois sa souffrance.

Les débats s’ouvriront le 26 mars, a indiqué Vincent Derouand. Ce contretemps judiciaire est d’autant plus fâcheux qu’il intervient dans une affaire d’une extrême gravité. Semhar, 12 ans, avait été violée et étranglée en 2012. L’assassin présumé connaissait bien l’enfant, car il avait une liaison avec sa mère.

Selon l’accusation, le prévenu a profité de savoir Semhar seule chez elle pour se rendre à l’appartement, agresser sexuellement la jeune adolescente et la tuer en l’étranglant pendant plusieurs minutes. Il aurait ensuite caché le corps sous le lit de la mère, avant de rejoindre cette dernière au restaurant.

L’accusé nie tout. Il demande son acquittement et une indemnisation pour ses 6 ans et demi de détention. En première instance, il a été condamné à une peine de 20 ans de prison, assortie d’un internement. En appel, le Ministère public veut alourdir la sanction en requérant la prison à vie.

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