Le juge jurassien Pierre Boinay «reconnaît que ces consultations ne respectaient pas les directives de l’administration concernant l’utilisation d’internet». Il se dit néanmoins certain que ces sites n’ont aucun caractère pénal et n’ont pas porté préjudice à la qualité de son travail.

Dans sa lettre de démission adressée au parlement jurassien, M. Boinay explique qu’il n’a d’abord pas envisagé de quitter son poste, considérant que les faits qui lui sont reprochés par le Conseil de surveillance de la magistrature ne pouvaient «conduire qu’à une sanction mineure» s’il y a lieu.

Les raisons qui ont poussé le juge cantonal à donner sa démission sont donc à chercher dans la préservation de l’intérêt de l’institution dans laquelle il siège: «J’ai décidé de démissionner, non pas en raison d’éventuels manquements, mais pour éviter toute critique à l’égard des autorités judiciaires».

30 collaborateurs concernés

Depuis vendredi dernier, le canton du Jura est secoué par une affaire de consultation de sites pornographiques au sein de l’administration. Une trentaine de collaborateurs sont concernés par des enquêtes disciplinaires. L’annonce de ce scandale avait coïncidé avec la démission du procureur général.

Le président du Gouvernement jurassien Michel Probst avait refusé de dire si la démission du procureur général du canton Yves Maître et ce scandale étaient liés. «Je ne peux pas répondre à la question en vertu de la séparation des pouvoirs», avait souligné le ministre.

Aucun ministre ou chef de service n’est concerné par cette affaire, avait précisé à l’ATS le porte-parole du gouvernement Pierre-Alain Berret. Des sanctions seront prises en fonction des résultats. Les enquêtes ont été confiées à une commission présidée par le juge fédéral Jean-Luc Baechler.

La démission du juge prendra effet au 31 août, «afin d’assurer la liquidation de certaines affaires». Le magistrat bénéficiera d’une retraite anticipée, indique-t-il. M. Boinay précise qu’il ne fera pas d’autre commentaire.