Au moment du crime, Cécile B. n’était pas en prise à des délires ou des hallucinations, ce qui exclut une irresponsabilité, a déclaré jeudi devant la Cour d’assises de Genève l’expert psychiatre. Il peut y avoir une diminution de responsabilité au maximum légère, concède-t-il. Cécile B. comprenait pleinement qu’elle ne devait pas tuer, tout au plus peut-on parler d’atténuation de sa détermination à cause de deux troubles, a expliqué l’expert au deuxième jour du procès de Cécile B. Il a diagnostiqué un trouble d’adaptation avec réaction mixte et un trouble de la personnalité borderline.

Ces pathologies se caractérisent par de l’anxiété, un état dépressif, de l’impulsivité et des excès. Cécile B. a aussi mis au point des mécanismes de défense comme le déni et l’idéalisation. elle est aussi manipulatrice et se place souvent en victime. Dans son expertise, le psychiatre revient aussi sur l’enfance malheureuse de Cécile B, entachée d’attouchements par son père, de viol par un oncle et de l’étalage de la vie sexuelle débridée de son père à la maison. Il y avait un manque flagrant de repères.

Le spécialiste relève aussi que la meurtrière a un QI de 80, qui se situe juste à la limite inférieure. Ce qui ne l’a pas empêchée de fréquenter un milieu de gens fortunés. Depuis 1993, elle s’est fait entretenir par ses amants, toujours plus âgés et aisés. Cécile B. consomme aussi des médicaments anxiolytiques et des antidouleurs pour soulager sa souffrance mentale. Mais ce cocktail n’a pas joué un rôle dans le meurtre de son amant, affirme l’expert. Cet argument ne pourra pas être utilisé par ses avocats.

Enfin, le spécialiste exclut le meurtre passionnel. Il s’agit d’un «crime d’amour», mais au sens psychiatrique du terme. En tuant Edouard Stern, Cécile B. rend leur relation éternelle. D’ailleurs, elle parle souvent des «coucous d’Edouard», explique le psychiatre.