Le Temps: Le Parti radical est le seul des trois partis gouvernementaux à perdre du terrain. Comment l'expliquez-vous?

Christiane Langenberger: Nous traînons encore nos difficultés de l'automne dernier, du fait de nos relations avec l'économie. Les critiques adressées au monde économique pour le rôle joué par certains managers se sont reportées sur le parti. Nous avons depuis lors pris nos distances avec certains moutons noirs auxquels il ne faut pas assimiler l'ensemble du monde économique. Les troubles liés au départ de Gerold Bührer ont encore ajouté à l'insécurité.

– Comment faire pour récupérer des électeurs qui vous quittent aussi bien pour le PS que pour l'UDC?

– Nous démarquer par rapport à l'extrême droite. J'ai reçu plus de mille messages remerciant le parti radical d'avoir pris ses distances par rapport à la sensibilité blochérienne. Nous devons nous attacher à consolider les partis qui soutiennent la politique gouvernementale. Le rôle le plus important que nous puissions jouer est d'être en appui du gouvernement pour lui permettre de mieux soutenir les coups de boutoir qu'il reçoit de gauche comme de droite. Nous devons être clairs dans l'affirmation de notre personnalité gouvernementale. Il est normal qu'il y ait des différences de sensibilité régionales, mais nous devons afficher une certaine unité.

– Le deuxième siège de l'UDC est-il pour vous plus loin que jamais?

– Dans les conditions actuelles, oui.

– Qu'est-il advenu de ces radicaux de droite qu'on appelait les «casques à pointe»?

– Je ne vais pas les pleurer. Il y a une nouvelle génération qui se prépare à faire vivre un parti plus moderne. Nous devons être le parti des réformes et de la modernité. La reprise du Département de l'intérieur par Pascal Couchepin nous ouvre un nouveau champ de responsabilités, dans les assurances sociales, la santé, la culture et la recherche. Nous avons de nombreux spécialistes dans ces domaines

– Comment vivez-vous la soudaine notoriété que vous vaut la présidence du parti?

– Je prends cela très naturellement, avec la conscience que c'est éphémère et en admettant que j'ai profité d'une certaine présence médiatique au cours de la période d'intérim. Je constate que cette notoriété est très dépendante de l'actualité. J'avais vécu la même situation à l'occasion de ma candidature au Conseil fédéral.