Le Temps: Pourquoi le Conseil d'Etat n'élabore-t-il pas un plan d'action pour prévenir la violence des jeunes?

Laurent Moutinot: Cette question concerne plusieurs départements cantonaux. Elle touche autant au scolaire qu'au social et à la sécurité. Il est vrai que le problème est préoccupant. Mais il n'est pas question de créer un poste de délégué cantonal pour lutter contre la violence des jeunes. Il faut que les gens se parlent, qu'ils travaillent en réseau. Dans plusieurs communes, comme par exemple Vernier, la collaboration avec le canton est déjà fructueuse.

- Les communes manquent de moyens pour assurer la sécurité des citoyens. Qu'allez-vous faire?

- Cet hiver se tiendra une réunion de travail entre tous les acteurs de la sécurité à Genève: organisations internationales, Confédération, canton et communes. Il s'agira de mettre à plat les besoins du canton en matière de sécurité et de redéfinir les missions de chacun. Mais aussi d'orienter les travaux de réorganisation de la police, d'examiner la possibilité d'ouvrir de nouveaux postes de gendarmerie et d'élargir les compétences des agents de sécurité municipaux (ASM).

- Vous entendez donc renforcer la mission sécuritaire des ASM?

- Que les choses soient claires: police et agents de sécurité municipaux exercent des métiers différents, et je n'entends pas changer cela. Les ASM ne doivent pas faire usage de la contrainte et de la force. En revanche, il n'est pas satisfaisant de les cantonner à la verbalisation du stationnement interdit. Ils pourraient, par exemple, être chargés des contraventions pour nuisances sonores ou des actes de poursuites, qui sont aujourd'hui pris en charge par la gendarmerie.

- Dans les municipalités, on réclame aussi davantage de police de proximité...

- Les policiers sont toujours proches des gens. La nuit, ils répondent spécifiquement aux besoins des citoyens. Ce que souhaitent les communes, c'est que l'on renforce leur présence préventive. C'est l'un des domaines où police et ASM doivent collaborer.

- Les magistrats communaux font parfois appel à des sociétés de surveillance privées pour pallier les sous-effectifs de la police. La situation va-t-elle durer ainsi?

- Nous n'avons pas seulement un problème d'effectifs. Il s'agit aussi d'organisation. Ainsi, l'ouverture d'un nouveau poste de police est un élément rassurant. Mais par ailleurs, cela mobilise un effectif considérable qui pourrait se trouver plutôt sur le terrain. Tout cela fera l'objet de discussions entre canton et communes.