Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Des agents de polices chargés de la sécurité à l’aéroport de Cointrin, Genève.
© © Pierre Albouy / Reuters

Malaise

Des agents tiers à Cointrin craignent pour la sûreté des passagers

Des employés sous contrat externe avec Genève Aéroport se disent épuisés par leur rythme de travail. Au point de ne plus pouvoir assurer le contrôle de bagages en soute et à certains portiques. Ils ont alerté leur direction et les autorités, ainsi que plusieurs syndicats

«On n’a pas envie d’avoir des morts sur la conscience», résume une partie du personnel de Custodio, prestataire de services d’inspection pour Genève Aéroport. Voilà, en substance, le message adressé par écrit début janvier à leur direction, soit quelques jours après l’entrée en vigueur d’un nouveau plan d’engagement plus draconien. Une copie des doléances a été envoyée à l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail (Ocirt). La lettre, dont la direction de Cointrin a aussi pris connaissance, demande qu’une médiation soit mise en place de toute urgence. Elle serait signée de 84 collaborateurs. «Mais nous n’avons pas joint les noms à notre courrier, par peur de représailles», nous précise-t-on.

Cointrin dénombre quelque 700 agents de sûreté sur son tarmac, dont une moitié travaille pour des sociétés tierces. «Le taux d’absentéisme a atteint des records; nous n’arrivons plus à faire face», dénonce une salariée de la plus importante entreprise sous contrat avec la plateforme aéroportuaire genevoise. Entre burn-out et agents manquant pour cause de vacances, les carences en personnel atteindraient certaines semaines le chiffre de 36 employés chez Custodio, soit un volume jugé alarmant par les effectifs de terrain, s’estimant incapables dans ces conditions de garantir la protection des passagers.

Lire également: Aéroport de Genève: ce malaise islamiste qui étreint Cointrin

Deux poids, deux mesures

«Avec des horaires conçus sur le fil du rasoir, des pauses impayées ou supprimées, ainsi que des jours de repos en nombre insuffisant, tout le monde est dans un état de fatigue extrême, poursuit un autre témoin anonyme. Notre matériel de travail est défectueux; on n’arrive plus à se concentrer, au point de régulièrement rater les tests aléatoires de repérage de fausses bombes ou d’armes à feu dans les bagages passant au rayon X. C’est non seulement décourageant, mais surtout dangereux.»

Les agents de Custodio dénoncent également une sûreté à deux vitesses. Les salariés de l’aéroport – payés entre 30% et 40% de plus que les agents tiers – n’auraient pas besoin de carte d’agent officielle, seuls les prestataires externes devant posséder ce document concordataire délivré par le Département de justice et police. «Par ailleurs, les agents de Cointrin peuvent passer à côté des portiques, alors que nous, nous sommes systématiquement contrôlés», nous explique-t-on. Procédure confirmée par Cointrin.

Effet d’aubaine pour les syndicats?

Après le tour de vis aux bagagistes, cet appel à resserrer les boulons de la sûreté a Genève Aéroport cache-t-il une manœuvre des syndicats pour pousser leur agenda dans un contexte de sensibilité accrue? Interpellé, le Syndicat des services publics qui est en contact avec le personnel de Custodio, indique n’avoir pas souhaité pour l’heure réagir publiquement. Mardi, une délégation du personnel de cette entreprise a rendu visite à Unia pour relayer, une fois de plus, son mécontentement.

De son côté, Custodio n’a pas retourné nos appels et notre courriel l’invitant à réagir sur l’ensemble des doléances formulées par une partie de ses effectifs. Mais d’après des informations qui nous sont parvenues mardi soir, sa direction serait sur le point d’engager un dialogue avec ses troupes.

Cointrin, dont la sûreté est devenue le cœur de métier (un employé sur trois est rattaché à cette activité), précise par le truchement de son porte-parole que suite à divers contrôles cette entreprise satisfait strictement aux exigences légales en vigueur et respecte pleinement les usages découlant de la concession qui lui a été accordée. L’Ocirt invoque pour sa part son devoir de réserve tout en précisant que toutes les plaintes qui lui parviennent sont traitées.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a