Prévention

Agir à la racine contre la violence conjugale

Vaud promeut un programme de prévention des violences et des comportements abusifs auprès des jeunes

Afin d’éviter que le recours à la violence ne s’ancre dans les comportements et ne compromette les relations amoureuses et familiales à l’âge adulte, le Conseil d’Etat vaudois fait de la prévention précoce chez les 14-18 ans. Il promeut le projet pilote «Sortir Ensemble Et Se Respecter», conduit conjointement par le bureau de l’égalité, la Fondation Charlotte Olivier et l’Unité de médecine des violences du CHUV. Ce programme a été évalué au sein de plusieurs institutions en contact avec les jeunes entre 2013 et 2015.

«L’année 2016 a commencé avec deux cas où, au sein de jeunes couples, l’un a tué l’autre avant de retourner l’arme contre soi», rappelle gravement Jacqueline de Quattro, conseillère d’Etat en charge du Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes. Le procès de l’affaire Marie, actuellement suivi par l’entier des médias romands, tire un triste parallèle. Dans le canton, sur 2500 jeunes de 15 ans ayant une relation de couple, 60% des filles ont subi une forme abusive de contrôle de la part de leur partenaire.

Baisse de bagarres visibles

Plus tôt dans l’année, une étude suisse révélait que si les adolescents se bagarraient moins dans la rue qu’il y a dix ans, dans l’intimité, garçons et filles pouvaient se montrer brutaux entre eux. Des dérives jalouses les poussent ainsi à surveiller leur partenaire et à limiter leurs contacts avec d’autres personnes. La facilité d’accès à la pornographie ou l’usage de jeux vidéo violents renforcent l’agressivité entre ces jeunes partenaires. Les jeunes tendent à banaliser les comportements abusifs, surtout de nature verbale et émotionnelle, ce qui n’est pas sans lien avec l’adhésion à des stéréotypes sur les rôles des hommes et des femmes.

A lire: LT du 22.05.2015 Les ados se bagarrent moins dans la rue

Les enjeux du nouveau programme visent à prévenir les situations d’agression et de victimisation dès les premières relations amoureuses. Neuf séances, conduites par deux animateurs de sexe différent, favorisent les échanges et les discussions au travers de scènes de la vie quotidienne et de jeux de rôles.

Celui-ci par exemple: «Alan, en couple avec Vanessa, lui demande des photos d’elle sexy, par SMS. Elle s’exécute. Quelques mois plus tard, ils sont séparés et Alan use de ces photos pour lui faire du tort.» Les participants travaillent sur des solutions possibles, admettent leurs propres erreurs, prennent conscience de la valeur de l’autre.

À la sortie du cours, deux tiers des jeunes précisent que ce projet a largement répondu à leurs attentes et à leurs besoins en matière de relations de couple. Trois quarts des adolescents sondés estiment être désormais à même d’aider un ami vivant des relations abusives.

Les directions d’institutions mentionnent que le projet répond à un réel besoin de prévention. Reste désormais à implanter le programme plus largement dans le canton, voire dans le pays. Il n’est pour l’instant pas prévu de dispenser ces cours d’éducation au respect de la vie en couple à l’école publique.

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