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Image d’illustration: des gendarmes patrouillent près de Briançon, en France, le 23 avril 2018.
© JEAN-PIERRE CLATOT / AFP PHOTO

Justice

Aide à l’entrée de migrants: les «trois de Briançon» remis en liberté

Deux Suisses et une Italienne ont été remis en liberté par le Tribunal de Gap (Hautes-Alpes). Ils ont été placés en détention provisoire après avoir participé à une manifestation en faveur des migrants à la frontière franco-italienne

Le Tribunal de Gap (Hautes-Alpes) a prononcé la remise en liberté «sous contrôle judiciaire strict» de ceux qu’on appelle désormais «les trois de Briançon». Les deux Genevois, Bastien et Théo, et l’Italienne Eleonora, de 23 à 26 ans, ont été poursuivis pour «aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire national et en bande organisée». Ils risquent jusqu’à 10 ans de prison et 750 000 euros d’amende.

A ce sujet: Deux Suisses détenus en France après une manifestation pro-migrants

Les trois ont participé à une manifestation à la frontière franco-italienne le dimanche 22 avril, en réponse à une action anti-migrants organisée la veille au col de l’Echelle par un groupe d’extrême droite européen. Les jeunes gens ont été arrêtés et placés en détention provisoire le mardi 24 avril par le Tribunal de Gap. Une décision justifiée «en raison de l’insuffisance des garanties de représentation et pour prévenir toute réitération des faits». Alors même que les avocats des prévenus avaient produit des attestations d’hébergement pour assurer que ceux-ci se présenteraient à leur procès.

Manifestation à Genève

Eleonora avait été placée en détention provisoire à la prison des Baumettes à Marseille. Bastien et Théo avaient rejoint la maison d’arrêt de Gap, avant d’être transférés aux Baumettes, «pour des raisons de sécurité». Le parquet craignait «des troubles à l’ordre public», en raison d’un appel à manifestation devant l’établissement de Gap.

Ce traitement a provoqué une indignation en Suisse, en Italie et en France. Trois cents personnes ont manifesté à Genève, devant le consulat de France à l’occasion du 1er Mai. De nombreuses personnalités de gauche et notamment les candidats au Conseil d’Etat Thierry Apothéloz, Anne Emery-Torracinta (PS) et Antonio Hodgers (Verts) ont apporté leur soutien. «La situation de Bastien, Théo et Eleonora ne doit en aucun cas nous faire oublier les situations insupportables que vivent les migrants», déclarait alors Laurence Stauffer-Cart, la mère de Bastien.

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Près de 800 personnalités des trois pays ont signé une tribune rendue publique le mardi 2 mai. Parmi elles, l’écrivain italien Erri De Luca, l’intellectuel suisse Jean Ziegler ou le maire de Genève, Rémy Pagani. Jeudi, 200 manifestants se sont rendus devant le Tribunal de Gap dont une dizaine de Genevois.

Traitement «disproportionné»

Les soutiens ne comprennent pas la «disproportion» dans le traitement des prévenus. Lors de leur transfert aux Baumettes, «Théo et Bastien ont été menottés aux mains et aux chevilles. C’est un traitement normalement réservé aux délinquants dangereux», informe Me Cécile Faure-Brac, l’avocate de Bastien. «On veut nous faire passer pour des criminels alors que ce qui nous anime c’est l’humanité», dit Michel Rousseau de l’association de Briançon Tous Migrants.

Lors de l’audience, les avocats de la défense ont tenu à exposer les conditions difficiles de détention «des marcheurs pacifiques», dans une prison reconnue pour son «traitement humain dégradant» par les ONG de défense des droits humains. Après délibération, les juges considèrent que «la représentation et l’absence de risque de réitération peuvent être garanties».

Les «trois de Briançon» passeront en procès à Gap le 31 mai. D’ici là, ils sont accueillis chez des résidents français, à Marseille pour Eleonora, dans les départements de Savoie et Haute-Savoie pour Bastien et Théo. Ils n’ont pas l’autorisation de quitter ces territoires. Ils doivent se présenter quotidiennement à la police ou à la gendarmerie et ne sont pas autorisés à s’exprimer publiquement avant leur procès.

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