Votations
L'un des objets les plus clivants des votations du 13 février prochain a été débattu au sein des deux partis ce samedi. Si les cœurs des délégués ont balancé, ils ont fini par se prononcer en faveur du projet, de justesse
A trois semaines des votations, les débats font rage autour des divers objets soumis au peuple - et l'aide aux médias suisses, en particulier, divise. Les citoyens d'abord qui, selon le dernier sondage Tamedia/20 Minutes daté du 18 janvier, dernier rejetaient à 57% le paquet de 151 millions par an - penchant vraisemblablement de plus en plus vers le «non». Mais également au sein des partis, dont le Centre et les Vert'libéraux, qui ont tous deux tenus leurs assemblées des délégués (en ligne) ce samedi.
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«La diversité des médias, le journalisme de qualité et les médias régionaux sont essentiels pour une démocratie directe, fédérale et plurilingue comme la Suisse», a déclaré le Conseiller national vert'libéral Roland Fischer. Conscients de l'importance du soutien des prestations journalistiques par l'Etat, les délégués ont notamment salué l'encouragement aux médias en ligne, mais déploré l'exclusion d'autres modèles commerciaux. L'aide à la distribution postale des journaux, également, ne convainc pas dans les rangs du parti. Après de «vifs débats», la majorité a finalement penché du côté du «oui pragmatique», par 92 voix contre 60 (et 10 abstentions).
Chevaux de bataille pour 2022
Du côté du Centre aussi, la pesée s'est révélée délicate. S'ils ont rappelé l'importance de maintenir la diversité de la presse régionale, les opposants ont critiqué le fait que les aides profitent aux grands éditeurs et les renforcent. «Le paquet n'est pas abouti et doit être renvoyé à l'expéditeur», a affirmé le président des Jeunes du Centre, Marc Rüdisüli. La moitié des douze orateurs ont appelé à rejeter le projet. Finalement, le Centre a finalement accepté le train de mesures en faveur des médias à 98 voix contre 67 - alors même que le comité à l'origine du référendum compte plusieurs élus du Centre.
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D'autres objets du 13 février ont été débattus dans les rangs des deux partis. La suppression du droit de timbre est soutenue d'un côté comme de l'autre - elle «entraînera une augmentation des recettes de l'Etat, renforcera la place économique suisse et contribuera à la maîtrise de situations d’urgence comme la pandémie de Covid-19», a souligné la conseillère nationale vert'libérale Kathrin Bertschy -, et l'interdiction de l'expérimentation animale, rejetée. «Cette initiative est beaucoup trop extrême et nuit non seulement aux sites de recherche suisses, mais aussi à la sécurité des patients et patientes humains et animaux», a déclaré la conseillère nationale vert'libérale Céline Weber.
Cette assemblée a également permis aux deux partis de réaffirmer leurs chevaux de bataille pour 2022. La politique européenne pour les Vert'libéraux, qui critiquent ouvertement l'interruption en mai dernier des négociations pour un accord-cadre avec l'UE. «Le Conseil fédéral et les partis gouvernementaux n’appliquent pas de politique étrangère digne de ce nom, mais bien celle de l'autruche, en espérant que le problème disparaîtra de lui-même. Pendant ce temps, les relations bilatérales se détériorent, au détriment de l'économie, de la recherche et de la société», a déclaré le président du parti Jürg Grossen. A présent, «les questions institutionnelles doivent être résolues, soit par un accord-cadre institutionnel 2.0 ou par une adhésion à l'EEE», a insisté Tiana Moser, la présidente du groupe parlementaire.
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Au Centre, un autre thème en ligne de mire: la réforme de l'AVS, «projet central de la législature», selon le président du parti Gerhard Pfister. Une réforme, qui relève l'âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans, que le Centre a «contribué à rendre socialement acceptable, afin qu'elle puisse obtenir une majorité devant le peuple». Suite au référendum lancé par la gauche, les Suisses devraient se prononcer en septembre. En attendant, le Centre a de quoi se réjouir: son changement de nom serait un succès, permettant de faciliter son accès. Les jeunes du Centre ont gagné plus de 800 nouveaux membres, a précisé Gerhard Pfister, qualifiant cette évolution de nouveau départ.
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