«Où sont les femmes?» la question suraiguë de Patrick Juvet raisonnera ce matin à Lausanne: les femmes radicales suisses ont invité le chanteur à leur assemblée générale dans la capitale lausannoise. Et ce ne sera pas le seul people de la journée: fille de député-syndic radical, l'ex-Miss Suisse Lauriane Gilliéron viendra témoigner devant les quelque 150 femmes attendues au Casino de Montbenon.

Il s'agit officiellement de lancer la campagne des femmes radicales aux élections fédérales d'octobre prochain. Mais le lieu choisi n'est pas un hasard: les radicales vaudoises espèrent bien profiter de l'occasion pour soutenir leur candidate au Conseil d'Etat, Jacqueline de Quattro, à huit jours du premier tour des élections cantonales.

«C'est une fabuleuse occasion de marquer le coup», s'enthousiasme Odile Jaeger Lanore, la présidente de l'Association vaudoise des femmes radicales. Une façon aussi de rappeler que Jacqueline de Quattro est la seule chance du centre droit de maintenir les deux sièges féminins du gouvernement, avec la socialiste sortante Anne-Catherine Lyon.

Les femmes radicales ont d'ailleurs bataillé ferme pour défendre leur candidate. C'est elles qui l'ont lancée dans la course à l'investiture l'été dernier, au grand dam de l'appareil du parti. C'est elles qui ont financé un tous-ménages consacré aux candidates radicales au Grand Conseil et au Conseil d'Etat, et la campagne personnelle de Jacqueline de Quattro, qui apparaît depuis plusieurs jours dans un spot sur les écrans géants de la gare de Lausanne...

Campagne décevante

Il faudra bien ça. Car la campagne de la radicale n'a pas été à la hauteur des attentes. Choisie par son parti en septembre dernier, au terme d'une véritable campagne de primaire alliant omniprésence médiatique et lobbyisme de ses partisans, Jacqueline de Quattro est restée très en retrait dans la dernière ligne droite avant le premier tour.

Municipale de La Tour-de-Peilz élue il y a moins d'un an, elle a payé ses lacunes sur les dossiers cantonaux, face à ses trois colistiers aguerris, deux sortants (l'UDC Jean-Claude Mermoud et le radical Pascal Broulis) et le député libéral Philippe Leuba. Outre son très récent fauteuil tourain, Jacqueline de Quattro ne peut revendiquer qu'un passage éclair au Grand Conseil, comme une des viennent-ensuite non réélue en 2002. Et la présidence d'une commission thématique du parti national. Faute d'expérience, la radicale semble aujourd'hui la plus faible des quatre candidats bourgeois qui tenteront de défendre leur majorité le 11 mars.

S'ajoutent encore de vieilles rancœurs au sein même de ses amis politiques, toujours pas remis de sa victoire sur deux piliers du radicalisme actuel: les députés Armand Rod et Olivier Français, sèchement battus lors du congrès de septembre. De quoi faire naître des rumeurs de «plan B» en cas d'effondrement au premier tour: remplacer la Touraine par un joker radical. Une hypothèse sèchement démentie par le parti. Et d'autant plus improbable que le PRD n'a pas de candidat de rechange crédible sous la main. Et encore moins une femme.