L'Etat de Vaud s'apprête à redistribuer aux bénéficiaires de l'aide sociale une partie des sommes qui avaient été retranchées de la masse des subsides, il y a deux ans, pour cause d'économies. Sur les 14 millions coupés alors, la moitié doit retourner directement dans la poche des intéressés.

C'est ce qu'a annoncé hier le gouvernement vaudois aux représentants des partis politiques et organisations patronales signataires de l'accord de la table ronde sur le redressement des finances cantonales. Avec cette décision, le Conseil d'Etat donne satisfaction aux socialistes, qui réclamaient ces réallocations avec insistance et en faisaient une condition pour ne pas rompre leurs engagements. Le principe de réallouer 8 millions de francs avait certes été admis dans l'accord de la table ronde, en juin dernier. Mais le Conseil d'Etat avait voulu, plutôt que de reverser la totalité de ces montants aux bénéficiaires (qui n'ont encore rien touché à ce jour), les utiliser largement pour financer des emplois temporaires subventionnés.

La majeure partie des 7 millions directement réalloués aux bénéficiaires servira à relever le niveau des subsides. Le reste permettra notamment de verser une allocation unique pour 2000 et de soutenir spécialement les bénéficiaires du Revenu minimum de résinsertion (RMR) vivant en milieu familial, une catégorie qui avait été particulièrement pénalisée par les coupes.

Cet arrangement contribue à augmenter la viabilité de la nouvelle loi fiscale, à laquelle le gouvernement tient énormément et sans laquelle le canton risque d'être plongé dans le flou juridique au 1er janvier 2001. La nouvelle mouture du projet, qui sera présentée cette semaine par le patron des finances Charles Favre, ne prévoit que 20 millions de francs de nouvelles recettes. Le PSV, qui défendait mordicus l'objectif intégral de 38 millions fixé par la table ronde, pourrait désormais faire preuve de souplesse.