Valais

Aides aux remontées mécaniques revues à la baisse

Le parlement donne son feu vert pour l’aide aux remontées mécaniques. La nouvelle loi diffère grandement du premier projet présenté

«La période électorale a donné le ton, il conviendra d’analyser plus raisonnablement la situation.» En février 2017, après la première lecture de la loi sur l’encouragement des remontées mécaniques, Marianne Maret, vice-présidente du PDC du Valais romand, est convaincue que certains députés ont soutenu le texte par pur visée électorale. On est alors à quelques semaines des élections cantonales. Les modifications apportées à la loi, votée ce jeudi par le Grand Conseil, lui donnent raison.

Un nouveau texte bien différent

Exit les 157 millions de francs d’aides à fonds perdu sur dix ans promis aux sociétés de remontées mécaniques. La nouvelle législation est beaucoup moins généreuse. Des subventions jusqu’à hauteur de 4 millions de francs par projet seront accordées «pour la réalisation d’infrastructures exceptionnelles d’importance régionale ou cantonale», par exemple une liaison entre deux domaines skiables ou entre la plaine et la montagne.

Lire aussi: Le parlement offre 157 millions de francs aux remontées mécaniques

Le texte prévoit également un fonds cantonal, des prêts et des cautionnements. Mais toutes les sociétés, au nombre de quarante-deux, ne pourront pas recevoir ces aides. Seules les entreprises viables – avec un bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements supérieur à 25% – sont concernées. «On n’est pas là pour faire plaisir à tout le monde», a plaidé le conseiller d’Etat en charge de l’économie, Christophe Darbellay, qui qualifie la nouvelle loi de «compromis équilibré et acceptable».

Des compromis

Pour y arriver tout le monde a dû mettre de l’eau dans son vin. La majorité de la commission de deuxième lecture, opposée aux aides à fonds perdu, a tout d’abord refusé d’entrer en matière. L’idée de proposer des subventions uniquement aux projets exceptionnels, apparue en cours de discussion, a fait pencher la balance. «Si la loi ne comprenait pas d’aides à fonds perdu, elle n’avait pas lieu d’être, explique Marianne Maret. Les subventions proposées justifient la loi.»

Selon certains députés, cette proposition vient de la faîtière des remontées mécaniques elle-même, qui craignait de tout perdre. «C’est un travail politique de la commission, rétorque le président des Remontées mécaniques du Valais Berno Stoffel. Mais nous avons fait un travail de lobbying pour conserver des aides à fonds perdu.» Et son sourire au moment du vote final des députés en disait long.

Publicité