Sécurité

Les aigles, future arme de la police genevoise contre les drones?

Les autorités genevoises souhaitent renforcer le contrôle des drones. Pour intercepter les appareils hostiles, la police pourrait acquérir des aigles. Expérimentée à l'étranger, cette nouvelle arme intéresse également le canton de Vaud

Des aigles pourraient bien rôder dans le ciel genevois. Leurs proies? Les drones. Les autorités cantonales souhaitent en effet renforcer le contrôle de ces objets volants, indique la Tribune de Genève ce mercredi. Les rapaces sont particulièrement doués pour intercepter les appareils incontrôlables ou hostiles. Avec l’essor des drones civils, cette nouvelle arme serait la bienvenue au bout du lac. L’objectif est de faire respecter les interdictions de survol, notamment au-dessus de zones sensibles comme l’aéroport de Genève.

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Le chef de la Sécurité du canton, Pierre Maudet, avait déjà fait part de son intérêt pour les aigles en mars devant la Commission des travaux. Contacté par Le Temps, son département confirme que des «mesures sont en discussion» mais que «rien n’a été décidé». D’autres options techniques sont à l’étude, comme des filets d’interception, le brouillage des ondes ou la prise de contrôle des drones.

Formation d’un an

Car l’adoption d’un rapace est semée d’embûches. Les forces de l’ordre attendent notamment un avis de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires. Pour être efficaces, les oiseaux doivent par ailleurs suivre une formation d’un an. L’expérience de l’armée française montre l’ampleur de la tâche. La base aérienne de Mont-de-Marsan, dans le sud-ouest du pays, expérimente cette solution depuis près d’un an. Dès l’âge de trois semaines, les aigles sont nourris sur des carcasses de drones pour réveiller leur instinct de chasseur. Des exercices quotidiens sont ensuite réalisés avec l’aide d’un fauconnier.

Les policiers doivent donc faire preuve de patience avant de mobiliser ces nouvelles recrues de haut vol. Le coût du dispositif s'avère également élevé. Surtout qu'il est nécessaire d'acquérir plusieurs oiseaux pour qu'il soit pleinement efficace. L'un des rapaces peut toujours tomber malade, ou se blesser.

Les aigles sont également mobilisés aux Pays-Bas. La police a lancé un programme en septembre 2016. «Nous les employons lors de manifestations, après évaluation de la situation. Quand l’oiseau attrape un engin, il l’emporte loin de la foule, dans un lieu tranquille, sans risque pour le public», explique Dennis Janus, porte-parole de la police néerlandaise au quotidien genevois. Durant les exercices, le taux de réussite de l'animal s'élève à «environ 80%», confiait à l'AFP Michel Baeten, chef des opérations de la police néerlandaise, lors d'une démonstration réalisée en septembre 2016.

Collaboration

La police vaudoise observe avec grand intérêt ces expérimentations menées à l’étranger. «Les drones restent problématiques. Il est nécessaire de trouver des solutions pour garantir la sécurité de l’espace aérien lors de manifestations ou à l’occasion d'une visite de chef d'Etat», indique Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale vaudoise.

A ce stade, les forces de l'ordre ne souhaitent pas former leurs propres oiseaux anti-drones. «Il ne serait pas raisonnable que chaque canton s’équipe dans ce domaine.» La police vaudoise imagine la création d’une force qui pourrait être mobilisée par l’ensemble des polices romandes. Une collaboration qui existe déjà pour les chiens, les tireurs d’élite ou encore les explosifs.


Une application pour surveiller les vols de drones

La technologie est unique en son genre. Depuis plusieurs mois, le contrôleur aérien Skyguide développe une application pour mieux contrôler les vols des drones en Suisse. Le propriétaire de drone pourra visualiser son appareil en temps réel. Le système permettra également de réserver une zone de vol et obtenir une autorisation en quelques secondes. Une démonstration aura lieu le 14 septembre sur la rade de Genève, précise la Tribune.

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