Près de deux tiers des électeurs valaisans résident dans les villes, les grands bourgs et les agglomérations. C'est là que le baromètre électoral traduit avec le plus de vigueur la force sociale des partis. Que faut-il en tirer comme enseignements au lendemain des élections communales de ce dimanche et à quelques mois des élections cantonales de mars 2009?

Que l'UDC signe une opération plus que moyenne. Le parti agrarien jouait ces élections sur deux fronts. Dans les vallées latérales. Et dans les villes de plaine où il avait clairement affiché ses ambitions. Or, il n'atteint véritablement sa cible que dans le Haut-Valais. Et encore: l'interprétation de ce résultat nuance quelque peu cette percée très partielle.

A Brigue, où l'UDC décroche deux sièges alors qu'elle n'en avait pas, le meilleur des deux élus est un dissident PDC. Le conseiller communal en place, Louis Ursprung, également député au Grand Conseil, se présentait sur une liste «UDC et citoyens libres». Son score ne traduit en ce sens pas véritablement la force réelle du parti. Il lui permet en revanche de songer sérieusement à la présidence - c'est son objectif de campagne (LT du 24.09.08) -, détenue aujourd'hui par la conseillère nationale PDC Viola Amherd.

Dans le Valais romand, le verdict du scrutin révèle plutôt un cinglant échec de l'extrême droite, puisque l'UDC ne décroche aucun siège dans les exécutifs des villes.

Autre leçon qu'il faut tirer de ces joutes électorales, précédées d'une campagne très plate vu le manque d'enjeux: un certain redressement des forces libérales radicales. Les radicaux conservent les acquis dans leurs fiefs mais accusent tout de même un sérieux revers à Martigny, où ils perdent leur 6e siège - acquis en 1977 - au profit du PDC. Pas de quoi compromettre la majorité absolue cependant.

Autre surprise au coude du Rhône: Dominique Delaloye, la vice-présidente actuelle et candidate à la succession du président Olivier Dumas, n'a pas été réélue. Même scénario pour un autre candidat à la présidence, César Conforti. De son coté, Anne-Laure Couchepin-Vouilloz, la fille du président de la Confédération, signe pour sa première candidature, le deuxième meilleur score de sa liste.

Dans le panorama pas franchement chamboulé de ce lendemain de scrutin, le PDC valaisan affiche une certaine stagnation voire une légère érosion. Et la gauche confirme assez sereinement ses positions, à quelques exceptions près. Elle perd un siège à Monthey et stagne à Sierre et à Sion, avec respectivement deux et trois élus.