La propagation du virus Covid-19 occupe largement l’actualité ce lundi 24 février, notamment en raison de sa montée en puissance au Moyen-Orient (Iran, pays du Golfe) et en Italie, où des mesures exceptionnelles ont été prises dès dimanche.

En ce début d’après-midi, Alain Berset a tenu une conférence de presse. C’est la quatrième de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), qui est dans le Département du socialiste, mais c’est la première que le ministre conduit.

La Suisse dans la «chaîne de détection»

Le ministre a indiqué que quelque 300 cas suspects ont été analysés jusqu'ici, et un certain nombre de personnes sont placées en quarantaine. «Aucun cas» n'a été avéré à ce stade. Le ministre de l'Intérieur relève qu'il a des contacts quotidiens avec son homologue italien et son collègue allemand. «La Suisse participe à la chaîne de détection» au niveau européen.

D'ici à demain, la Confédération prévoit de mettre sur place des tests au Tessin. «Nous avons un plan, un cadre dans lequel nous pouvons travailler. Nous suivons cette situation heure par heure, de manière sereine car nous sommes préparés. Mais nous devons réévaluer la situation à tous moment au besoin», assure le ministre.

Pascal Strupler, directeur de l'OFSP, précise que des experts du centre de Genève, qui fait office de pôle national de référence pour cette maladie, se rendront au Tessin. Pour les voyageurs qui entrent et sortent de Suisse, les douances distribueront des prospectus, comme dans les aéroports.

Fermer des frontières?

A propos de fermetures de frontières, ou au moins de filtrages, Alain Berset parle d'«évaluer» de telles démarches selon l'état d'alerte: «Nous avons des mesures pour chaque étape, pour le moment aucune autre ne nous paraît nécessaire».

Le conseiller fédéral ne s'avance pas plus après plusieurs questions sur la circulation des personnes, forte en Suisse par la situation au cœur de l'Europe et les mouvements des aéroports. Il tient à souligner que les mesures présentées jusqu'ici ne valent qu'en l'état actuel de la situation: «Je ne parle que pour maintenant, pas pour une durée d'une semaine, même pas de quelques jours.»

Rassure-t-on vraiment?

A la question – du Temps – de savoir si une telle conférence de presse va rassurer ou plutôt inquiéter la population, le ministre de la Santé a bondi: «Cela dépend aussi de la discussion très large dans les médias. Je comprends les inquiétudes de la population. Il y a eu des informations régulières de notre part. C'est un dossier suivi sur le plan politique par le Conseil fédéral. [...] Nous sommes aux affaires, avec les pays qui nous entourent. Sans vouloir exagérer ni minimiser cette affaire, nous voulons dire que nous pouvons y faire face, avec les lois et les outils dont nous disposons.»

Ce derniers jours, les cas de contamination ont explosé ces derniers jours en Lombardie et en Vénétie, au point d’entraîner le confinement de plusieurs localités et la mise en quarantaine de plus de 50 000 personnes. Le carnaval de Venise a été interrompu.

Le Tessin inquiet

Au Tessin, la situation et son évolution sont en cours d'analyse, a déclaré dimanche le médecin cantonal tessinois Giorgio Merlani. «L'affaire est plus importante qu'il n'y semblait au début».

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Les services d'urgence ont déjà réagi. Les personnes présentant des symptômes d'infection respiratoire aiguë avec des difficultés respiratoires sont désormais considérées comme des cas suspects et sont isolées. Cela même sans lien épidémiologique, comme un voyage en Chine ou un contact avec une personne infectée au cours des 14 derniers jours.

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