Visite

Alain Berset en Autriche pour son premier voyage à l’étranger

Le président de la Confédération a rencontré le président autrichien Alexander Van der Bellen et le nouveau chancelier Sebastian Kurz à Vienne mardi. Deux rencontres importantes pour la Suisse, en quête d’un soutien européen, alors que l’Autriche prendra la présidence du Conseil de l’Union européenne à compter du 1er juillet 2018.

L’Autriche n’a pas été choisie par hasard par Alain Berset pour son premier voyage à l’étranger en tant que président de la Confédération. C’est une tradition, une tradition qui prend un tour politique en ce début d’année 2018. D’abord parce que l’Autriche a un nouveau chancelier depuis le 18 décembre dernier – le conservateur Sebastian Kurz (ÖVP) – et un nouveau gouvernement qui compte 6 ministres d’extrême droite (FPÖ).

Pour Alain Berset, «il faut laisser un peu de temps à ce gouvernement autrichien qui vient de se former, nous jugerons sur pièces […] Il faut respecter les institutions de chaque pays.»

Une visite centrée sur l’Europe

Cette visite est également stratégique car la Suisse compte bien s’appuyer sur son alliée historique, qui présidera le Conseil de l’Union européenne dès le 1er juillet prochain, pour améliorer ses relations avec l’Union européenne (UE). Plusieurs dossiers ont ainsi été évoqués lors de cette visite: la décision de l’UE de placer la Suisse sur la liste grise des paradis fiscaux – «incompréhensible», a répété Alain Berset mardi – et, surtout, l’équivalence accordée par l’Europe à la bourse suisse pour une durée limitée d’un an seulement.

Sur ce point, le président autrichien, Alexander Van der Bellen, a tenu à assurer la Confédération de son soutien: «J’ai été un peu surpris par cette décision de la Commission européenne […] De notre côté, nous allons nous efforcer de régler cette situation dans l’intérêt de nos amis suisses.»

Une question se pose toutefois: comment l’Autriche peut-elle aider son voisin? La présidence du Conseil de l’Union européenne ne lui donne pas des pouvoirs illimités, mais plutôt un rôle de modérateur. Un soutien cependant utile, estime Alain Berset: «L’Autriche aura la possibilité de mettre des points sur l’agenda, sur les ordres du jour, et de sensibiliser certains acteurs à des thématiques importantes pour nous.»

Quelles relations avec Sebastian Kurz?

Une autre inconnue concerne le nouveau chancelier Sebastian Kurz. Bien sûr, les Suisses le connaissent puisqu’il s’est déjà rendu à Berne lorsqu’il était encore ministre des Affaires étrangères. Mais il est difficile de lire la stratégie du nouveau chancelier concernant l’Union européenne. Or c’est bien lui qui mènera la présidence du Conseil de l’Union.

Alain Berset se dit confiant: «Je crois que Sebastian Kurz connaît bien la Suisse […] Cela doit nous permettre de poursuivre la bonne entente et les échanges [entre nos deux pays] pour faire avancer les choses.» Politologue à l’Université d’Innsbruck et spécialiste de la question européenne, Andreas Maurer comprend la volonté de Sebastian Kurz de préserver les très bonnes relations entre les deux pays alpins. Il prévient cependant qu’il ne faut pas placer trop d’attentes sur le nouveau chancelier. «Tant qu’il y a des intérêts communs entre l’Autriche et la Suisse, Sebastian Kurz écoutera, mais ce n’est pas sa priorité.»

Sebastian Kurz semble en effet davantage décidé, pour le moment, à convaincre ses partenaires que son gouvernement est «proeuropéen», ce dont une partie de l’Europe a pu douter, car le FPÖ, partenaire de coalition des conservateurs, est un parti eurosceptique. Après Bruxelles, où il s’était rendu au lendemain de son investiture, le nouveau chancelier se rendra d’ailleurs en France ce vendredi, pour rencontrer Emmanuel Macron, avant de se rendre à Berlin quelques jours plus tard.

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