«Nous sommes très bien préparés». Le conseiller fédéral Alain Berset a tenu à rassurer mercredi à Davos (GR) sur le dispositif suisse de suivi du coronavirus qui affecte surtout la Chine. La Suisse est aussi prête à aider la communauté internationale.

Alors qu’une réunion était prévue mercredi soir à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève, le conseiller fédéral a discuté mardi en marge du Forum économique mondial (WEF) avec le directeur général de l’institution Tedros Adhanom Ghebreyesus. «La Suisse, qui accueille le siège de l’OMS, n’est pas indifférente à ce qui se passe, ni à la capacité de réponse internationale», a affirmé Alain Berset devant la presse à la Maison suisse.

Notre revue de presse: Le virus chinois pourrait devenir une urgence de santé publique de portée internationale

Pour cette raison, il a offert à Tedros Adhanom Ghebreyesus l’aide de la Suisse. Au moment de la crise d’Ebola, celle-ci avait mis à disposition des unités pour accueillir des patients acheminés depuis l’étranger. Des tests de vaccin avaient aussi été menés, alors qu’aucun n’était encore prêt. Dans le cas du coronavirus, il faudra évaluer comment elle peut offrir une assistance, a insisté le conseiller fédéral.

Pas de mesures spécifiques dans les aéroports

Les aéroports suisses n’ont pas encore pris de mesures spécifiques face au nouveau coronavirus, qui a déjà fait 17 morts et contaminé des centaines de personnes en Chine. Ils attendent les recommandations de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Un test de dépistage élaboré à Genève est disponible.

«Genève Aéroport dispose d’un plan d’urgence pour toutes les situations dégradées sur le site aéroportuaire», indique sa cheffe de la communication, Madeleine Von Holzen, à Keystone-ATS. Mais «la situation actuelle ne nécessite pas le déclenchement de ce plan».

Lire aussi: Plus de 200 personnes infectées par le nouveau coronavirus chinois

Aucune mesure spécifique n’a donc été mise en place à l’heure actuelle, poursuit la porte-parole, qui précise qu’il n’existe qu’un seul vol direct sur Pékin. Même son de cloche du côté de Zurich.

Les deux aéroports attendent les recommandations de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour agir. Et Madeleine Von Holzen d’ajouter que l’aéroport de Genève est en contact permanent avec les instances compétentes.

Propagation internationale

L’OFSP rapporte de son côté se préparer à une propagation internationale du nouveau coronavirus et être en contact avec tous ses partenaires. «La procédure à prendre dépend des développements à venir», indique Yann Hulmann, porte-parole à l’OFSP.

Et de préciser que la Suisse tient compte des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «Nous décidons cependant de manière autonome des mesures à prendre en fonction de ce qui est raisonnable et juste pour la Suisse», ajoute-t-il.

La situation pourrait rapidement changer. L’OMS devait se réunir mercredi à partir de 12h à Genève pour déterminer, s’il convient de déclarer une «urgence de santé publique de portée internationale».

Test disponible

En attendant, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont d’ores et déjà développé un test de dépistage du nouveau coronavirus. «Le virus est identifié et le test disponible depuis une dizaine de jours», a expliqué sur les ondes de la RTS Laurent Kaiser, chef du Service des maladies infectieuses aux HUG.

Le test consiste en un simple frottis du fond de la gorge ou du nez. Il sera appliqué exclusivement aux personnes revenant de Chine et qui présentent un syndrome respiratoire, a ajouté le spécialiste.

La maladie se présente comme un simple rhume ou une infection grippale banale, mais elle peut provoquer des complications sérieuses, voire mortelles, chez les personnes au système immunitaire affaibli ou souffrant de maladies chroniques. On ne dispose pas de vaccin ou d’antiviraux spécifiques contre ce nouveau virus, a encore précisé le Pr Kaiser.