Savourez les mimiques d’Alain Rebetez sur votre poste TV, vous ne les verrez bientôt plus. A partir du 1er juin, le journaliste au visage élastique signera dans les pages du Matin Dimanche, de la Tribune de Genève et de 24 heures, depuis la Ville-Lumière, qu’il a brièvement connue lorsqu’il lançait le Bondy Blog de LHebdo en 2005. Le chroniqueur parlementaire garantit de garder un ton décalé et un regard personnel sur les coulisses d’un nouveau pouvoir, celui de la République en marche.

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Alain Rebetez, vous rendez votre carte d’accréditation du Palais fédéral? Je poursuis mon travail à la RTS jusqu'à fin mai puis, en effet, je sortirai de ma zone de confort. Je quitte un domaine connu pour me lancer un nouveau défi. La rédactrice en chef romande de Tamedia Ariane Dayer et son équipe m’ont proposé de devenir leur correspondant à Paris et je me suis dit que c’était le renouveau dont j’avais besoin, celui que j’attendais. Ma femme avait aussi l’envie d’un changement, nous nous installerons tous les deux à Paris et elle continuera son travail de journaliste entre notre nouveau chez-nous et la Suisse.

Tamedia m’a offert le défi que j’attendais

Peut-on lire dans votre départ un pied de nez à la RTS qui ne vous a pas offert l’émission que vous attendiez? Oui et non. J’ai vécu un moment très difficile le printemps dernier lorsque je n’ai obtenu ni la place à Infrarouge pour laquelle j’étais sur les rangs, ni ma propre émission comme je l’aurais souhaité. J’ai alors eu sérieusement peur de devenir un vieil aigri! Puis, je dois dire que j’ai été très touché d’être approché par l’équipe de Mise au point qui me proposait une chronique, ainsi que par celle de la Matinale de Romaine Morard. J’ai eu un plaisir fou à faire de la radio et je quitterai ces deux équipes avec un pincement. Mais il est vrai que Tamedia m’a offert le défi que j’attendais.

Quelle sorte de correspondant parisien serez-vous? Je ne fournirai pas forcément un suivi d’actualité quotidienne. L’idée sera plutôt d’apposer le regard d’un journaliste qui a une conscience de ce qu’est la politique mais qui ne connaît pas encore les couloirs du pouvoir français. Je m’adresserai à un public suisse, et j’aurai donc toujours à l’esprit de lui parler de sujets qui le concernent. A Paris, je serai toujours celui qui vient d’ailleurs et cette petite distance est une richesse. A Berne, c’est la même chose: si l’on s’immerge trop dans ce qui est en train de se passer, on perd la lecture exacte des événements et le rapport aux enjeux.

Rassurez-nous, vous posterez de temps en temps des petites vidéos? Pas forcément. La vidéo n’est pas exclue, mais le cœur du business, ce sera la couverture écrite. D’ailleurs, retourner à l’écriture me fait un peu peur. J’ai un petit côté besogneux, je ne peux pas produire plus de mille signes par heure.

Qui vous réjouissez-vous le plus d’interviewer? Certainement pas Macron! Contrairement à mon confrère Darius Rochebin, le tableau de chasse n’est pas mon fort. Vous savez, j’arrive en France à un moment particulier, cet univers est en complète redéfinition. L’écosystème politique est passé par une tempête qui a abattu tous ses arbres. Cela permet à un parfait inconnu comme moi de nouer des contacts avec des personnes qu’il aurait été impossible avant cela d’approcher aussi vite. Je me réjouis de proposer à ma rédaction des portraits ou de longues interviews de responsables clés de la vie politique française qui sont encore méconnus en Suisse.