Ce n’est pas une surprise, il n’a jamais caché son intérêt. Alain Ribaux est candidat à la candidature en vue des élections d’avril 2013 au Conseil d’Etat neuchâtelois. L’ancien juge, âgé de 50 ans, actuel conseiller communal en Ville de Neuchâtel et conseiller national, brigue l’une des cinq lignes du ticket que le PLR présentera.

Détenant trois des cinq sièges du Conseil d’Etat depuis 2009 (même s’il ne représente que 32% des suffrages), soumis à la critique après les affaires Hainard et Nicati, le Parti libéral-radical neuchâtelois a décidé de miser sur l’ouverture et d’organiser des primaires internes, afin de désigner ses cinq candidats au gouvernement. Il n’y a aucun privilège, les ministres sortants pourraient être éliminés lors de l’assemblée du parti du 1er décembre. La formule était surtout valable avant que le très contesté Claude Nicati ne décide de claquer la porte de son parti.

Deux candidats sont connus de longue date: les ministres Philippe Gnaegi (élu au Conseil d’Etat en 2009) et Thierry Grosjean (élu en 2010 pour remplacer Frédéric Hainard). Les autres prétendants avaient jusqu’à vendredi pour se faire connaître. Pressenti, le député Christian Blandenier se met à disposition de son parti, tout comme Alain Ribaux.

Grincements de dents

Même s’il prend le risque de brûler les étapes, cinq ans après son entrée en politique avec son élection à l’exécutif de la Ville de Neuchâtel et un an seulement après son accession au Conseil national, où il avait évincé la sortante Sylvie Perrinjaquet, Alain Ribaux a la carrure pour endosser l’habit de ministre cantonal. Ses compétences sont avérées, tout comme sa capacité à travailler dans un collège.

Tout indique qu’il franchira sans encombre le cap des primaires de son parti le 1er décembre. Mais il risque de provoquer des grincements de dents, surtout chez les deux sortants, Philippe Gnaegi et Thierry Grosjean. Alain Ribaux aura beau jeu de vouloir amener de la fraîcheur, de la compétence, du renouveau au gouvernement. Ses colistiers sortants devront, à l’inverse, défendre le bilan calamiteux de l’actuel gouvernement.

Le PLR espère maintenir ses trois sièges au gouvernement, en réélisant Philippe Gnaegi et Thierry Grosjean et en élisant Alain Ribaux. Mais le parti pourrait aussi perdre l’un de ses mandats, et Alain Ribaux évincer l’un des sortants. Comme il avait déjà provoqué le renvoi de Sylvie Perrinjaquet l’an passé.

Cette candidature représente, pour le parlementaire fédéral, un moyen de tester sa notoriété cantonale. Lors des fédérales de 2011, il avait réalisé un bon score, sans plus, avec 11 564 suffrages. C’était 691 de plus que l’étoile pâlissante Sylvie Perrinjaquet, mais près de 2000 de moins que l’autre conseiller national PLR neuchâtelois, Laurent Favre – qui ne sera pas dans la course au gouvernement cantonal en 2013 –, et que l’UDC Yvan Perrin.

Les primaires, puis la campagne, seront chaudes au sein du PLR. Ce d’autant plus que les autres partis, de l’UDC à la gauche, ne se priveront pas d’accabler le parti majoritaire au Conseil d’Etat de tous les maux qui frappent la République neuchâteloise depuis quatre ans.