Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Albert Rösti: «Il faut désormais admettre la sortie du nucléaire, une énergie qui n’est plus rentable, mais en assurant la sécurité de l’approvisionnement.»
© ALEXANDRA WEY / Keystone

votation

Albert Rösti: «Je ne regrette pas ce référendum»

Le président de l’UDC perd un nouveau combat, mais met les partisans de la stratégie énergétique devant leurs responsabilités

Le Temps: C’est une nette défaite pour votre parti. Êtes-vous déçu?

Albert Rösti: Non. J’admets que nous avons concédé une défaite, mais je suis fier de ce score de 42% tout de même nettement plus élevé que les 30% de part électorale réalisés par l’UDC aux élections de 2015. Nous avons réussi à thématiser les véritables enjeux de la stratégie énergétique 2050, un dossier sur lequel la conseillère fédérale Doris Leuthard et l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) avaient quasiment le monopole de la bonne parole depuis quatre ans.

Lire aussi: Le sort de l’énergie hydraulique est prioritaire

– Avec cette stratégie énergétique, la Suisse sort du nucléaire. Votre parti l’accepte-t-il?

– Il faut désormais admettre la sortie du nucléaire, une énergie qui n’est plus rentable, mais en assurant la sécurité de l’approvisionnement. C’est aux partisans de la nouvelle loi de prendre leurs responsabilités à ce propos. Nous, les opposants, ne l’assumons plus, raison pour laquelle je vais bien dormir à l’avenir.

– Comment vous imaginez-vous le mix énergétique à l’horizon 2050?

– Ce n’est pas à moi de répondre à cette question. Je constate aujourd’hui que les partisans de la loi ne sont plus aussi sûrs d’eux à ce sujet. Durant la campagne, ils ont nié ce problème de la sécurité de l’approvisionnement en parlant d’efficience énergétique et du potentiel des nouvelles énergies vertes. Or les Verts admettent dorénavant qu’il ne faudra plus trop compter avec l’énergie éolienne, dont ils reconnaissent qu’elle n’est pas bien acceptée par la population. Cela, c’est grâce au référendum.

– Vous avez martelé que cette stratégie coûterait 3200 francs par an à chaque ménage. N’avez-vous pas fait campagne sur des «faits alternatifs» auxquels le peuple n’a pas cru?

– Non. Nous assumons ces chiffres aujourd’hui encore. L’avenir nous dira si cette stratégie ne coûtera que 40 francs par an et par ménage, comme le prétend Doris Leuthard. Nous allons prendre les partisans au mot et leur rappeler toutes les promesses qu’ils ont faites. Je me demande comment le parlement atteindra les objectifs de réduction de la consommation d’énergie sans nouvelles taxes. Nous nous battrons contre toutes les contraintes, par exemple l’interdiction des chauffages à mazout.

– Justement, dans vos calculs, vous vous fondiez sur le deuxième volet de la stratégie énergétique, qui prévoyait une fiscalité écologique. Pourquoi avez-vous ignoré le fait que le parlement a déjà décidé de ne pas recourir à cet instrument?

– Cela est déjà une victoire pour notre parti qui a décidé de lancer le référendum. Le Conseil national a rejeté cet instrument pour mieux éviter de parler de la question des coûts. Cela montre à quel point les partisans de la loi étaient nerveux avant la votation. Mais à l’heure actuelle, personne ne sait comment on mettra cette stratégie en œuvre à moyen et long terme. Je suis par exemple curieux de savoir si le Conseil fédéral recourra à la construction de centrales à gaz qui produisent du CO2.

– Toutes les énergies sont déficitaires en ce moment. Faut-il étatiser le marché en les subventionnant toutes?

– Non, même si le projet approuvé aujourd’hui est une forme d’étatisation de ce marché. Mais il faut absolument éviter tout renforcement dans ce sens.

– Pourquoi avez-vous lancé ce référendum sur un thème qui ne fait pas partie des priorités de l’UDC?

– Je ne regrette pas une seconde d’avoir lancé ce référendum, qui nous a permis de nous positionner sur ce thème de l’énergie. Lors de la campagne des élections fédérales de 2015, nous avons fixé trois priorités: l’indépendance de la Suisse par rapport à l’UE, la limitation de l’immigration et le combat contre toute hausse d’impôts et de nouvelles taxes, comme en prévoit la loi sur l’énergie.

– Vous êtes président de l’UDC depuis un an et vous accumulez les défaites. Êtes-vous devenu une machine à perdre?

– L’UDC n’est pas là prioritairement pour gagner, mais pour résister à la pensée unique du centre gauche. Outre les votations, il y a eu plusieurs votations cantonales qui montrent une stabilité de nos positions dans l’ensemble. Un an, c’est trop court pour me juger. Attendez les prochaines élections fédérales de 2019 pour le faire!


Lire également:

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a