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Septante centimes. C’est le prix auquel la chaîne de supermarchés Aldi propose d’acheter le lait aux fermiers suisses. 
© THOMAS DELLEY

Agriculture 

Aldi essaie de séduire les paysans

Aldi Suisse lance une gamme de lait équitable, qui garantit une rémunération de 70 centimes le litre de lait pour les fermiers. Une décision marquante dans un contexte tendu, mais qui aura un impact limité

Septante centimes. C’est le prix auquel la chaîne de supermarchés Aldi propose d’acheter le lait aux fermiers suisses. Mais pas pour tous ses produits: ils concerneraient uniquement une nouvelle gamme du supermarché, Fairmilk, en partenariat avec la Protection Suisse des Animaux et le transformateur de lait Cremo, en vente dès le 27 juillet. Le lancement de la gamme intervient un mois après un ultimatum lancé par les paysans aux acheteurs afin qu’ils respectent le prix indicatif du litre de lait, de 65 centimes.

L’idée de Fairmilk: proposer une gamme de lait à 1.49 francs le litre, tout en garantissant deux choses: de bonnes conditions pour les bêtes, ainsi qu’une rémunération de 70 centimes par litre pour les paysans.

Pas d’inquiétude des concurrents

Le lancement de la gamme d’Aldi n’inquiète pas les deux géants de l’agroalimentaire. La Coop dit déjà payer plus cher pour le lait de très bonne qualité, et a augmenté le prix d’achat au litre de 3 centimes suite à la grogne des agriculteurs.

De son côté, Migros avait fait grand bruit en juin en se retirant de l’interprofession du lait, qui fixe le prix indicatif au litre. Mais la gamme équitable lancée par Aldi ne vient pas perturber cette décision, selon Aurélie Deschenaux, porte-parole de la Migros: «L’ensemble de notre assortiment de lait est «fair», car parmi les grands transformateurs, Migros est celui qui paie le prix du lait de centrale le plus élevé».

Mais ici, ce sera au consommateur de choisir s’il veut aider directement les fermiers en achetant plus cher ce lait. Une nouveauté selon Stefan Kohler, directeur de l’Interprofession du lait: «Ici l’accent est mis sur le paysan que l’on peut aider, plutôt que, comme souvent, sur le respect de l’environnement que permettent les produits bio».

Ce n’est qu’une gamme, mais pour Reto Burkhardt, responsable de la communication des Producteurs Suisses de Lait, «tout ce qui aide à améliorer la situation des producteurs de lait est positif». Ce ne sera cependant pas suffisant: «Aldi représente une petite part de marché dans l’achat du lait. Il vaudrait mieux que tous respectent le prix indicatif officiel de l’Interprofession du lait».

La crise du lait non résolue

Le problème est donc ailleurs. C’est aussi l’avis de Robin Eymann, spécialiste de politique économique à la Fédération Romande des Consommateurs: «C’est une bonne chose en soi, mais cela ne va pas résoudre la crise du lait». Pour Robin Eymann, il s’agit plutôt d’examiner la marge importante des intermédiaires, les transformateurs de lait: «Le paysan reçoit environ 60 centimes, le consommateur paie environ 1 francs 60 son litre de lait. Il s’agirait de savoir si ces marges sont justifiées».

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