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Alec von Graffenried, maire de la ville de Berne.
© ALESSANDRO DELLA VALLE/Keystone

Politique

Alec von Graffenried, l’apôtre d’un Grand Berne

Maire de la ville depuis 2017, cet ancien préfet et conseiller national vert veut en faire un pôle d’excellence dans les technologies médicales et réaliser une grande fusion des communes de l’agglomération

Il sourit dans les vitrines de toutes les librairies de la capitale fédérale, Alec von Graffenried. Le maire de Berne, qui vient de signer un livre dans lequel il raconte sa passion pour sa ville, est visiblement heureux: son équipe favorite d’YB (Youg Boys) est devenue championne suisse de foot après trente-deux ans d’attente. Un succès sportif qui en cache d’autres, moins connus: Berne, qui a beaucoup investi dans la qualité de vie, a retrouvé la croissance démographique et regagné en dynamisme économique. A terme, Alec von Graffenried évoque même la vision d’un Grand Berne, qui compterait quelque 280 000 âmes pour devenir la deuxième cité de Suisse.

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Certains se vantent d’être des globe-trotters ayant sillonné les cinq continents. Pas lui. L’écologiste l’avoue sans ambages: il n’est jamais allé en Australie ni en Amérique du Sud, ni au Japon ou à Bali. Grand adepte de la mobilité douce, il préfère renoncer aux voyages lointains, se contentant de l’Europe, dont il a toujours soutenu la construction politique en tant que membre du Nouveau Mouvement européen suisse (Nomes). A Berne, il se déplace avant tout sur un vélo d’une marque bernoise, MTB. «C’est le moyen le plus rapide de se déplacer en ville, et les meilleures idées me viennent toujours sur mon vélo», affirme-t-il.

La qualité de vie comme carte de visite

Alec von Graffenried est un maire à l’image de sa ville: avenant, hospitalier, décontracté. Conscient que sa carte de visite réside dans sa qualité de vie. Cela n’a pas toujours été le cas. Berne s’est beaucoup dépeuplée à la fin du siècle dernier, le nombre d’habitants chutant de 160 000 en 1965 à 123 000 en l’an 2000. La classe moyenne a quitté la ville pour une agglomération plus verte. «Berne était alors une ville bruyante et polluée par un intense trafic. J’ai grandi près de la Länggasse, une des artères de la ville. Lorsque j’étais petit enfant, j’avais l’interdiction de la traverser», raconte le maire.

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Ces tristes temps où il a fallu vendre des bâtiments scolaires en raison du manque d’élèves sont révolus. Depuis le siècle nouveau, Berne regagne des habitants, elle en recense 140 000 désormais. Ralentir le trafic pour mieux croître: telle est la devise des autorités, qui généralisent peu à peu la vitesse du 30 km/h. «Dans les faits, le trafic roule entre 9 et 12 km/h. Qu’on fixe la limite à 30 ou 50 km/h ne joue plus de rôle. Mieux vaut calmer la circulation de cette manière que d’ériger une forêt de signaux lumineux sur les routes et construire des parois anti-bruit», confie le maire. Dès lors, la qualité de vie et la croissance ne sont plus antinomiques. Au contraire: l’une engendre l’autre.

Berne a la réputation d’être une ville de fonctionnaires, mais en fait ceux-ci ne forment que le 13% des 180 000 emplois qu’elle offre

A l’horizon 2030, les aménagistes tablent sur une ville de 157 000 habitants. C’est compter sans la vision que soutient le nouveau maire: un «Grand Berne» – même s’il n’aime pas ce terme, qu’il juge trop «arrogant» – rassemblant la capitale avec une dizaine de communes avoisinantes, comme Köniz, Ostermundigen, Ittigen ou encore le paradis fiscal qu’est Muri. «Je suis partisan d’une fusion, qu’il faut mener avec autant de patience que de détermination. Aujourd’hui, la réalité politique ne correspond plus au comportement social, économique et culturel des habitants de l’agglomération dans leur vie quotidienne», souligne-t-il.

Le cliché d’une «ville de fonctionnaires»

Berne a la réputation d’être une ville de fonctionnaires, mais en fait ceux-ci ne forment que le 13% des 180 000 emplois qu’elle offre. Ces deux dernières décennies, elle a perdu des milliers de postes à la suite du départ de grands offices fédéraux – comme ceux de la santé publique, de l’environnement ou de l’énergie – dans l’agglomération. Mais le développement du secteur des services a permis de compenser ces départs. «C’est la preuve du dynamisme de notre économie», déclare Alec von Graffenried.

A l’avenir, Berne veut se profiler comme un pôle d’excellence dans les technologies médicales. Elle ne dispose pas seulement du plus grand hôpital universitaire du pays, l’Hôpital de l’Ile. Sa plus grande entreprise industrielle est la filiale suisse de CSL Behring, qui occupe 1300 personnes travaillant dans le développement et la fabrication de médicaments biologiques dérivés du plasma humain sur son principal site suisse. Berne accueille aussi l’Institut suisse pour la médecine translationnelle et l’entrepreneuriat (Sitem).

Voilà pour les visions. Dans l’immédiat, c’est la pause estivale, soit une période idéale pour aller flâner sous les arcades de la vieille ville, une «œuvre d’art» classée au patrimoine de l’Unesco, ou alors pour aller piquer une tête dans l’Aar, une rivière dans laquelle Alec von Graffenried adore se baigner à toutes les saisons. De la capitale du chocolat que fut autrefois Berne, il ne reste en revanche presque rien, en dehors de la fabrication mondiale du légendaire Toblerone.

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