Il était 11 heures vendredi lorsque le téléphone sonne chez l'huissier de l'Office fédéral des réfugiés (ODR). Une voix l'informe en suisse-allemand que deux bombes ont été placées dans le bâtiment. La police fait évacuer le personnel de l'ODR, celui du bâtiment voisin de l'Office fédéral des étrangers ainsi que les habitants des maisons proches. Au total, 700 personnes sont dérangées. Le quartier est bouclé: la circulation et le tram 9 interrompus. A 16 h 20, tout est rentré dans l'ordre: aucun engin explosif n'a été trouvé dans les locaux neufs de l'ODR à Wabern, dans la banlieue bernoise. A l'ODR, tout s'est passé dans le calme, explique son porte-parole Roger Schneeberger. «Comme nous venons d'emménager, nous nous attendions à un exercice d'évacuation à tout moment. On a cru qu'il s'agissait d'un test.» Selon Roger Schneeberger, c'est la première fois que l'ODR fait l'objet d'une alerte à la bombe. «Les menaces existent, mais elles sont en général personnalisées, contre moi-même ou le directeur de l'ODR.»

Difficile de savoir qui est l'auteur de cette tentative d'intimidation. La piste kurde ne semble guère plausible. Il s'agirait plutôt d'un Suisse ayant voulu «punir» l'ODR pour son «laxisme» en matière de politique d'asile, kurde notamment. Mais aucune autre hypothèse ne saurait être exclue. E. Mi