Matthias S. aurait bel et bien tué ses deux fillettes de 6 ans, Alessia et Livia, disparues le 30 janvier dernier à Saint-Sulpice (VD). Il l’a annoncé dans une lettre adressée à sa femme, Irina L. Celle-ci l’a reçue ce mardi 8 février, a confirmé ce vendredi la police cantonale vaudoise. La famille et les policiers sont donc au courant depuis quatre jours que les fillettes sont probablement mortes en Corse, mais n’ont préféré ne pas révéler ce détail pour ne pas décourager de possibles témoins et «pour respecter l’intimité de la famille».

Dans cette lettre, le père déclare qu’il a tué ses filles et qu’il se prépare à se donner la mort, a indiqué la police, confirmant une information de la presse italienne. «Elles reposent en paix, elles n’ont pas souffert, tu ne les reverras plus», dit le document divulgué par «La Repubblica». Ce courrier a été posté à Cerignola le jeudi 3 février, date à laquelle Matthias S. s’est jeté sous un train.

Par contre, le testament retrouvé au domicile du père, écrit quelques jours avant sa fuite, ne pouvait pas laisser imaginer cette issue tragique, a réaffirmé vendredi devant la presse Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise.

Moins d’une journée sur l’île

Entre temps, les polices suisse, française et italienne ont pu établir que Matthias S. a quitté l’Ìle de Beauté le jour même où il y était arrivé, c’est-à-dire le mardi 1er février. Débarqué avec ses deux filles à Propriano à 6h30 du matin, il en est reparti seul à 21 heures de Bastia, sur un bateau à destination de Toulon (France). «Il a acheté ce jour-là un seul billet à son nom», précise Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale vaudoise. Matthias S. a ensuite rejoint l’Italie par la route.

Le trajet de Propriano à Bastia prenant entre 3 et 4 heures, les recherches pour retrouver Alessia et Livia se concentrent donc sur la Corse. «Nous n’avons aucune certitude pour déterminer si elles sont encore en vie ou décédées», ajoute l’officier de presse. Malgré le faisceau d’indices semblant attester du décès des jumelles, la police «n’en tire aucune conclusion, car elle travaille sur des certitudes», poursuit-il.

Quelques jours avant sa fuite, Matthias S. avait consulté des sites Internet relatifs au suicide et à l’empoissonnement, avait-on appris jeudi (LT du 11.02.2011). La police a obtenu ces éléments cette semaine, après avoir inspecté l’ordinateur professionnel du père de famille.

«Un trouble mental grave» selon la famille

Les parents de Matthias S. se sont exprimés pour la première fois dans un message en allemand, envoyé aux agences de presse dans la nuit de jeudi à vendredi. «C’est avec une grande consternation et inquiétude que nous avons suivi les événements de ces derniers jours», écrivent les parents et les frère et sœur du père des jumelles.

«Nous sommes tous d’accord et persuadés que notre fils et notre frère aurait pu commettre ces derniers temps des actes aussi terribles uniquement du fait d’un trouble mental grave et de la perte de sa personnalité normale.»

Une réunion internationale est prévue la semaine prochaine entre les polices des trois pays.