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Alexander Tschäppät photographié à Berne à l'occasion du Tour de France, le 14 juillet 2016.
© Thomas Hodel/KEYSTONE

hommage

Alex Tschäppät, ce maire qui a réveillé Berne

L’élu socialiste, qui s’est éteint ce week-end, a insufflé un esprit nouveau dans sa ville. L’hommage d’Alexandre Schmidt, son ancien collègue à l’exécutif municipal

Alexander Tschäppät était l’incarnation de l’animal politique. Il a consacré sa vie à la chose publique en tant qu’élu à l’exécutif de la ville de Berne, au niveau législatif (Conseil national et Conseil municipal de Berne), et au niveau judiciaire en tant que président de tribunal. Il a ainsi passé 65 années au service de l’Etat si l’on cumule ses différents mandats, dont douze en tant que maire. Alex, comme beaucoup le surnommaient affectueusement, a imprégné «sa» ville comme personne. Avec passion et enthousiasme, il a transformé Berne.

Un ambassadeur hors pair

C’est tout d’abord au niveau de l’urbanisme qu’il a mis sa touche personnelle en métamorphosant la place de la Gare et la place Fédérale. La touche culturelle fut également au rendez-vous avec le Centre Paul Klee réalisé par l’architecte du Centre Pompidou, Renzo Piano. Sans oublier l’incontournable touche sportive si chère à ce passionné de football: avec l’organisation du Championnat d’Europe de football en 2008, Berne a connu une incroyable déferlante orange avec le passage de supporters hollandais. Le jaune succédera à la couleur orange avec l’arrivée du Tour de France à Berne en 2016. De nombreux maires en rêvaient, mais Alexander Tschäppät l’a fait! Son enthousiasme contagieux, son talent et son charisme ont persuadé les organisateurs. Il était assurément le meilleur ambassadeur de Berne.

Hormis ces touches visibles de prime abord, l’engagement d’Alex a laissé des traces subtiles et indélébiles dans la mentalité de Berne. Son action a créé un «esprit de Berne». Auparavant, les Bernois se faisaient discrets et aimaient dire qu’ils habitaient non pas dans une capitale européenne mais simplement dans la ville fédérale. Notre ville, la Belle Endormie administrative, s’est réveillée sous l’action d’Alexander Tschäppät. Aujourd’hui, notre ville est devenue cette capitale vivante et ouverte au monde à laquelle il aspirait. Cet «esprit de Berne» a bel et bien été insufflé par Alex, par son infatigable volonté de voir plus loin et plus grand pour sa ville.

Ami des Romands

Bien sûr, Berne n’avait pas de secret pour Alex. Il en connaissait chaque recoin. Toutefois, sa connaissance de la cité était bien plus profonde. Il a su appréhender l’invisible, c’est ce qui le rendait unique. Tel un poète inspiré par sa muse, il sentait l’âme de sa ville, ses sentiments, son pouls et ses spécificités. De cette relation particulière, il en a extrait le meilleur pour permettre à Berne d’évoluer. C’est un don extraordinaire qu’il a fait aux habitants.

Francophile averti, Alex Tschäppät était un ami sincère des Romands, conscient du rôle de ville-pont qui incombe à Berne. Alex, c’était un incroyable instinct, le sens de la négociation, l’esprit de conviction, et une manière de tirer les ficelles avec finesse et passion. Pour déminer les situations difficiles, il excellait dans l’art raffiné de l’humour. Les mots étaient son atout de charme. En quelques phrases, le public était conquis. Bref, Alex ne laissait personne indifférent. En même temps, avec son tempérament généreux, il laissait de la place aux autres. En politique, plus particulièrement à l’exécutif de la ville de Berne, il avait cette incroyable capacité de faire confiance, même à ceux qui n’appartenaient pas à son camp. Il faisait confiance, et même plus, il donnait de la confiance lorsqu’il s’agissait de porter un projet pour le bien de sa ville.

Au moment de lui dire adieu, mes pensées s’adressent à sa famille, auprès de laquelle Alex se ressourçait. Alex Tschäppät nous a quittés bien trop tôt, mais nous continuerons de sentir sa présence à Berne pendant longtemps.

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