Christian Blickenstorfer va succéder à Alfred Defago comme ambassadeur à Washington. Un diplomate «classique», chef de la Division politique, va prendre la place d'un outsider, d'un «Quereinsteiger» selon l'expression consacrée au cours des «années Cotti».

En 1994, la nomination par Flavio Cotti d'Alfred Defago, ancien chef de l'Office fédéral de la culture et brièvement secrétaire général du DFAE, comme consul général à New York – un poste traditionnellement réservé à un ambassadeur – avait hérissé le sérail diplomatique et politique. On parlait ouvertement de clientélisme et la NZZ n'hésitait pas à employer l'expression «soupçon de népotisme».

Au début de 1997, l'ambassadeur à Washington, Carlo Jagmetti, est poussé à la démission et à la retraite anticipée pour avoir averti le Conseil fédéral en termes trop réalistes de l'offensive des organisations juives. Alfred Defago, qui a déjà joué un rôle actif dans les tractations avec les organisations juives et les autorités américaines, apparaît comme l'homme de la situation.

On se demandait comment il envisagerait la suite de sa carrière, en quittant, à 59 ans, en fonction du tournus normal de quatre ans, un poste qui représente le sommet de la carrière diplomatique. Il donne en quelque sorte raison a posteriori à Flavio Cotti, en retournant, comme un autre «Quereinsteiger» célèbre, l'ancien ambassadeur à Pékin, Ueli Sigg, au secteur privé. Alfred Defago enseignera, dès cet automne, à l'Université du Wisconsin, une des meilleures universités publiques américaines, les relations entre l'Europe et les Etats-Unis.