Campagne

Aller au contact de l’électeur a permis au PLR de limiter la casse

Pour sa campagne en vue des élections cantonales du 24 mars dernier, le PLR a testé le porte-à-porte dans trois cantons. La méthode porte ses fruits et le parti compte l’étendre au reste de la Suisse

Au début de l’année, le PLR zurichois s’est essayé à une nouvelle méthode pour mobiliser en vue des élections cantonales zurichoises: le porte-à-porte. Des candidats au Grand Conseil se sont rendus d’un appartement à l’autre dans plusieurs quartiers zurichois pour pousser les sympathisants ou les indécis à se rendre aux urnes.

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Se montrer pour limiter le risque de se faire oublier le jour du scrutin s’avère crucial pour tous les partis – en particulier le PLR, qui peine à mobiliser. Et la technologie apporte de nouvelles méthodes pour y arriver. Le parti zurichois s’est appuyé sur l’analyse de données afin de détecter les quartiers, à un bloc d’immeubles près, dans lesquels se trouvent des électeurs potentiels à qui rendre visite. Avec des résultats concluants, a souligné lundi la NZZ: si le PLR a perdu un siège au Conseil d’Etat et reculé de 1,67 point le 24 mars dernier, les pertes sont moins grandes en moyenne dans les quartiers où ses militants ont fait du démarchage.

«Rendre la politique plus visible»

«Sans porte-à-porte, le taux de participation dans ces sections aurait été inférieur de 0,5 point de pourcentage», affirme Urs Bieri, de l’institut gfs.bern, au quotidien zurichois. Cette stratégie se révèle toutefois plus porteuse auprès des électeurs qui ont déjà l’intention de voter PLR que face à des indécis. «Les électeurs à qui le PLR a rendu visite sont plus motivés à aller aux urnes que ceux qui ont été abordés par d’autres moyens», comme les réseaux sociaux. Le démarchage restaure le dialogue et «rend la politique plus visible», affirme le spécialiste.

Pour cibler son électorat, le PLR s’est servi d’un logiciel américain, Ecanvasser, qui fonctionne avec des données de l’institut suisse Sinus. Les zones géographiques de la ville sont classées en fonction de différentes variables – revenu de la population, âge, sexe, formation, choix lors des dernières élections ou résultats de sondages d’opinion. Cette méthode a déjà fait ses preuves chez les démocrates aux Etats-Unis, et dans la campagne d’Emmanuel Macron en France. En Suisse, le PLR l’a testée à Zurich, Bâle-Campagne et Lucerne et compte l’étendre désormais au niveau national.

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