Discrètement, elle a assisté à la première partie du débat dans la tribune du Grand Conseil. Silvia Zamora, municipale lausannoise de la Culture, est la prochaine magistrate qui devra défendre, après sa collègue de parti, la conseillère d'Etat socialiste Anne-Catherine Lyon, le futur Musée des beaux-arts, cela devant le Conseil communal de la capitale vaudoise.

Le Temps: Le Grand Conseil a voté en faveur du musée à une large majorité, vous êtes soulagée?

Silvia Zamora: Je suis ravie de l'issue de ce débat. Je n'aurais pas parié sur ce résultat il y a une année environ. Le travail d'explication, d'améliorations aussi de toute une série de détails sur le projet a porté ses fruits. Comme responsable de la Culture et comme Lausannoise, je m'en réjouis beaucoup.

- La prochaine étape, c'est le vote par le Conseil communal d'un droit de superficie et d'une convention entre la Ville et l'Etat. Il y a pas mal de Lausannois parmi les opposants, vous êtes confiante?

- Oui. Mais je pense qu'il faudra aussi faire tout le travail d'explication et d'information des améliorations du projet auprès des conseillers communaux lausannois. Nous allons devoir répondre à des questions légitimes comme, par exemple, sur les mesures d'accompagnement que nous allons proposer pour l'environnement du musée. C'est une question très importante pour Lausanne.

- Il y a également la question du centre-ville; certains craignent qu'on le vide de sa substance avec le départ du musée pour Bellerive.

- C'est une question qui ne restera plus longtemps en suspens. Pour l'avenir du Palais de Rumine, il y a une commission qui travaille, à laquelle nous sommes associés. Pour la place de la Riponne et pour contrer la crainte qui existe de faire perdre de la substance au centre-ville, nous aurons très bientôt des réponses convaincantes à apporter.

- On a l'impression que la Ville de Lausanne est restée à l'écart du débat sur le Musée des beaux-arts.

- Ce n'est pas le cas. C'est toujours très délicat de savoir quelle place occuper lorsqu'il y a un sujet qui est clairement cantonal mais qui touche le territoire de la ville. La collaboration entre les responsables de la ville et du canton, tant au niveau administratif que politique, a été optimale. Par contre, comme c'est toujours difficile de savoir quel effet l'engagement de Lausanne sur un projet cantonal a sur le Grand Conseil, nous avons effectivement choisi une attitude de prudence.