La Suisse, ses montagnes et ses stations, «paradis du tourisme, terrasse du soleil». L'alpe, «un balcon de la Suisse, avec le monde entier comme panorama». Les mythes ont la peau dure. La célébration du bon air des montagnes et de la Suisse alpine entourée des vastes espaces du monde était au menu du plus montagnard des sept conseillers fédéraux. Dans son discours prononcé mardi soir à Crans-Montana, l'Oberlandais Adolf Ogi est sans doute allé, dans sa liturgie patriotico-alpestre, plus loin que tout autre orateur de ce 1er Août. L'homme de Kandersteg voit dans les glaciers la preuve tangible que la Suisse existe, au milieu de l'Europe, au milieu du monde. Comme s'il allait sur la Lune et découvrait que la Terre est ronde, il énumère: «La Suisse compte cinquante sommets de plus de 4000 mètres. Parmi eux 40 sont en Valais. Oui, la Suisse existe! Depuis la Plaine-Morte, on voit le Mont-Blanc, le Grand- Combin, la Dent-Blanche, le Cervin, le massif du Mont-Rose! Et derrière: la France, l'Italie, la Méditerranée… Et tous les continents du monde!» Adolf Ogi ajoute ce cri du cœur: «Les montagnes ne sont pas des barrières. Mais des traits d'union avec nos amis du monde entier. La Suisse est en Europe! Là-haut, on le voit bien!»

Litanie

Tant pis si les populations des vallées reculées, bastions de la Suisse conservatrice, ont maintes fois prouvé, ces dernières années, leur réticence à s'ouvrir au reste du monde, Adolf Ogi récite sa litanie. Déjà entré dans la légende de la Suisse alpestre, digne des héros des drames de Friedrich Schiller, il nous délivre avec une sincérité confondante son message, d'un optimiste béat: «La Suisse a toute l'expérience pour avancer, pour s'ouvrir, pour agir, pour participer. Et aussi, last but not least, pour rêver, pour sourire à la vie.»