La police genevoise a fait preuve d'impressionnantes démonstrations de force samedi lors de la manifestation anti-OMC et anti-guerre qui a réuni quelque 5000 personnes. Elle a notamment procédé à des centaines de contrôles d'identité et à d'importantes saisies de matériel avant le départ du cortège. «Nous avons effectivement vérifié les papiers de pas mal de personnes, des casseurs selon nous, et nous avons confisqué des barres de fer, des pierres, des fumigènes destinés à attaquer les forces de l'ordre», explique Eric Grandjean, porte-parole de la police genevoise. Les organisateurs pour leur part dénoncent la brutalité policière et estiment que la police vient de donner un avant-goût des interventions contre les manifestations anti-G8 début juin.

De 18 à 25 ans

«Nous ne dévoilons pas le nombre de gendarmes mobilisés samedi. Mais ils étaient assez nombreux pour que leur présence ne passe pas inaperçue», poursuit Eric Grandjean. Soit. A 14 h 10, une quarantaine de policiers en tenue anti-émeutes étaient installés dans cinq fourgons garés près du Palais Wilson. Ils se sont mis en ordre de marche lorsqu'une quinzaine de jeunes, entre 18 et 25 ans, sont apparus un peu plus loin, se dirigeant vers l'OMC. Ils avaient deux caddies remplis de bière, de sandwichs, de tracts, de sprays et de banderoles. Leurs visages étaient cachés à l'aide d'un mouchoir rose. Pour les policiers, il fallait intervenir. Gourdins à la main, dans quelques mouvements rapides, ils ont encerclé le groupe, avant de les pousser contre un mur. Surpris, les jeunes n'ont offert aucune résistance. Après les contrôles d'identité, les policiers ont embarqué tout le matériel. «Si des banderoles ont été saisies, c'est qu'elles représentaient un danger pour les forces de l'ordre. La police n'a brutalisé personne», insiste-t-il.

Cortège bariolé

La police avait pris position devant l'OMC dès la matinée. Tournant le dos au dispositif policier, le cortège bariolé et pacifique est parti en direction de la place des Nations, puis traversé la ville pour se rendre à la place Neuve. Sans incident. «Après la fin de la manifestation, une cinquantaine de jeunes ont lancé des bouteilles de bière sur nos hommes à la gare de Cornavin. L'un d'entre eux a cassé la vitre d'un train, raconte Eric Grandjean. Il y a eu alors un frottement et deux des manifestants sont tombés par terre. C'était vers 19 heures.»

Dans un communiqué, la Coordination suisse anti-OMC estime inadmissibles les provocations et les brutalités policières. Par ailleurs, le groupe revendique «le droit d'être masqué et de protéger nos identités pour éviter la répression».