Le Temps: Les CFF ont annoncé récemment la fermeture de 128 des 500 points de desserte. La coopérative agricole Fenaco a vivement réagi. Une telle mesure est-elle compatible avec la volonté de développer le transport ferroviaire des marchandises?

Ulrich Gygi: Les réactions négatives ont été rares. Je comprends le problème de Fenaco. Grâce à des discussions intenses avec les clients et les autorités, plus de 98% du volume de transport actuel continuera d’être assuré par le rail. Je rappelle que 50% des points de desserte ne génèrent que 3% du trafic. Nous ne pouvons pas garder des points de chargement qui sont trop peu utilisés. CFF Cargo réalise une perte d’environ 50 millions par an et les CFF ont dépensé 800 millions pour couvrir le déficit de cette filiale. Il faut stopper cette tendance.

– Comment?

– Nous lançons un nouveau modèle d’affaires, qui sépare les types de trafic. Le premier pilier est le transport combiné de conteneurs entre la mer du Nord et l’Italie. Nous avons dans ce but créé SBB Cargo International, dont le premier budget était assez équilibré avant que la baisse de l’euro le fasse plonger dans les chiffres rouges. Mais nous restons optimistes. Deuxième axe: le transport en wagons complets isolés en trafic intérieur. C’est dans ce domaine que nous supprimons une série de points de desserte. Et nous ajoutons un troisième pilier: le transport combiné de conteneurs en trafic intérieur. Nous avons mis en service une double liaison quotidienne entre Dietikon et Renens ce printemps. Le taux d’utilisation moyen atteint déjà 40%, pour certains trains, il se monte même à 80%. Nous souhaitons offrir entre six et neuf relations de ce genre, avec des horaires fixes. Deux terminaux sont prévus à Bâle Nord et dans la vallée de la Limmat pour les exportations et importations. Nous prévoyons d’en construire d’autres pour le transbordement régional. Nous espérons que ça permettra de relancer notre filiale Cargo.